Blog - ArchivesBillets du 11/2023
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du madi 7 novembre 2023 (Bernard Brabant)
Cinq ponts se sont succédé pour franchir la Durance entre Embrun et Saint-André-d’Embrun
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Depuis le Moyen Âge, cinq ponts ont été construits pour franchir la Durance en direction de Saint-André-d’Embrun et Crévoux sans faire un long détour par le bas de ville. Si ces ponts se sont succédé à différents endroits, c’est parce qu’ils ont régulièrement été emportés ou fragilisés par les colères de la rivière.
Le premier pont connu date du Moyen Âge. Entièrement en bois, il était dans le prolongement du chemin de l’Estang. On aperçoit encore les ruines de la pile centrale. De là, le chemin grimpait directement à Saint-André- d’Embrun.
Au XIXe siècle, un pont a été construit à 40 mètres en aval du pont actuel. On voit encore la culée sur la berge du côté de la petite maison en bordure de la Durance
Moins de cent ans après, un pont a été construit sur l’emplacement du pont actuel. Il était en bois et reposait sur deux piles centrales en maçonnerie.
Ce fut ensuite un pont complètement métallique, reposant sur une seule pile. Ce pont a été fragilisé en juin 1957 par la crue centenaire de la Durance.
Il a fallu attendre 1971 pour qu’il soit remplacé par le fameux pont Neuf. Un pont préfabriqué de type Baylet. Ce type de pont métallique a été conçu initialement pour un usage militaire avec une portée maximale de 60 m. Il n’exigeait ni outillage spécial ni équipement lourd pour sa construction.
Le pont annoncé en ossature bois sera donc le sixièmeᵉ pont connu à franchir la Durance dans la commune, en amont
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du lundi 6 novembre 2023 (Bernard Brabant)
Il y a 100 ans, la foire d’automne réunissait des milliers d’animaux à Embrun
Les foires et le tourisme sont des atouts importants pour la vie économique à Embrun. C’est ce que confirmait l’hebdomadaire La Durance en ce mois de novembre 1923.

Une foire à Embrun croquée par Émile Guigues à la fin du XIX e siècle. Illustration ASEPE La Durance n°50
Chaque année à l’automne ont lieu la foire de la Saint-Crépin et son retour une semaine plus tard. L’hebdomadaire La Durance du 3 novembre 1923 en dresse le bilan : on a amené plus de 5 000 vaches, bœufs, taureaux et veaux et des milliers de moutons. Sans compter les porcs, chèvres et poules.
Un temps fort de la vie économique à Embrun qui n’empêche pas les commerçants de râler. La loi du 1er juin 1923 entre en application. Ils doivent inscrire sur tous les papiers de commerce leur numéro d’immatriculation au registre du commerce.
« On commence par les commerçants et, si cela continue, bientôt tous les Français seront, tout comme les automobiles, obligés de porter d’une façon apparente leur numéro matricule. Pauvre liberté ! », s’indigne un lecteur dans le journal.
►Des aménagements nécessaires pour le tourisme
Du côté de la municipalité, les nouvelles sont bonnes : la ville va toucher 400 000 francs (460 000 € actuels).
Cette subvention vient des fonds que l’État prélève sur les jeux pour les redistribuer en partie aux collectivités. Cet argent servira aux travaux d’assainissement.
Le tourisme fait aussi vivre l’Embrunais. Le syndicat d’initiative d’Embrun annonce qu’il va installer une table d’orientation au-dessus de la Tour brune. Il demande aux Ponts-et-Chaussées d’améliorer la route de Boscodon. Il souhaite que l’on fasse de même pour “la belle route du col suprême du Parpaillon”. Cela dépend de l’armée, puisqu’il s’agit d’une route militaire.
Il faut aussi améliorer la sécurité des autocars. Pour les chauffeurs, on envisage d’exiger des garanties d’expérience supplémentaires. On pourrait même demander “un carnet de route où l’entrepreneur marquerait ses réparations et ses visites détaillées de voiture”. Il faut être prudent, comme le maire des Crottes qui vient de prendre un arrêté : “Les automobiles ne pourront pas dépasser la vitesse de 7 kilomètres à l’heure, dans la traversée du village. Les infractions à cet arrêté seront constatées par des procès-verbaux”.
Dans la rubrique objets trouvés, le journal signale qu’un facteur “a trouvé samedi 10 novembre, sur la route de Saint-André, un revolver. Le réclamer à M. Para, facteur, place Barthelon, à Embrun”.
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du jeudi 2 novembre 2023 (Bernard Brabant)
À la découverte des tombes de personnages qui ont marqué la commune
Ces personnes ont marqué notre histoire locale. Aujourd’hui, certaines sont encore connues, d’autres ont été oubliées. Voici quelques tombes de ces Embrunais et Embrunaises décédés avant la Seconde Guerre mondiale. Une balade insolite, proposée avec la complicité de Robert Blache, féru d’histoire locale.

L’emplacement de ces quelques tombes. Infographie B.B.
►1. Louis Dioque († 1873)
Décédé, il fut receveur des finances. Il fut propriétaire de l’abbaye de Boscodon qu’il a sauvée de la ruine en faisant rétablir une partie de la toiture avec son propre argent.
►2. Famille Bonniard († 1924)
Victor, avec son frère Louis, géra une fabrique de draps dont le gros bâtiment abandonné se trouve au Pont-Neuf, devant le Gabion actuel. Il fut conseiller général, député puis sénateur. Michel Bonniard fut maire d’Embrun.
►3. Famille Jugy († 1907)
François a fondé l’hebdomadaire républicain La Durance en 1872. Adrien puis Albert en ont assuré la relève. La tombe ne mentionne pas les épouses qui ont aussi joué un rôle. Le journal s’est sabordé en 1944. Comme tout journal ayant choisi de paraître durant la guerre, sa ligne éditoriale était forcément devenue pétainiste.
►4. Clovis Hugues († 1907)
Le poète, ancien député, mort à Paris, avait choisi de se faire enterrer à Embrun dans le cimetière dont il disait : “toutes les tombes sont un jardin”. Sa tombe a été sculptée par sa femme Jeanne Royannez-Hugues qui a également sculpté le monument du jardin de l’Archevêché. Décédée en 1932, ses cendres reposent à côté de Clovis
►5. Famille Mondet († 1958)
Émile a installé avec son fils l’éclairage public électrique à Embrun. Il a construit une centrale électrique sur la Durance à l’endroit maintenant occupé par les moulins Céard. Embrun (première ville des Hautes-Alpes en la matière) et Paris ont bénéficié la même année de cette nouveauté : en 1891.
►6. Victor Maurel († 1918)
Il fut conseiller municipal pendant 30 ans et premier adjoint. Très impliqué dans la vie associative, il fut aussi capitaine des pompiers. Ses idées ancrées à gauche effrayaient les braves gens. C’est pourquoi son ami Clovis Hugues l’appelait “l’avale-tout-cru”. On a donné son nom à l’ancienne rue Neuve.
►7. Auguste Arduin († 1914)
Il fut maire lorsque la maison centrale fut supprimée. Il présenta à plusieurs reprises sa démission pour protester contre une décision qui ruinait la ville. À l’issue d’un conseil houleux, il s’est battu en duel au pistolet avec Auguste Chapuzet. Après deux balles échangées sans résultat, les témoins ont déclaré l’honneur sauf.
►8. La plus vieille tombe ?
Peut-être une des plus vieilles tombes du cimetière, appelée à disparaître. On peut lire sur la plaque qu’une des personnes est décédée en 1774.
►9. Émile Guigues († 1904)
Ce percepteur était poète, auteur. Il a dessiné la vie de tous les jours. Sa maison est dans la rue qui porte son nom.
►10. Auguste Thouard († 1925)
Il fut poète, maire, avoué, avocat, mutualiste, éditorialiste, fondateur de multiples sociétés d’entraide. Sa maison est en face de la cure.
►11. Famille Chapuzet
Le monument funéraire le plus ambitieux du cimetière. Auguste († 1928) fut maire d’Embrun (voir Arduin). Les deux vitres abritaient des bustes en marbre blanc de lui et de sa femme. Ces œuvres ont été enlevées, par crainte de détérioration et de vol.
►12. Charles Masson († 1960)
Il fut maire et pharmacien. Il a transféré en 1923 dans la rue principale sa pharmacie (pharmacie du Mont-Guillaume actuelle).
►13. Les 8 sœurs
Elles sont huit sœurs religieuses inhumées dans ce tombeau (entre 1927 et 1957). Ces religieuses étaient très aimées des Embrunais car elles étaient soignantes bénévoles à l’hôpital.
