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Texte à méditer :   "L'âme d'Embrun c'est son Histoire, et l'Histoire se fait jour après jour"   Emile Escallier
 
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Blog - ArchivesBillets du 10/2023

ThibautVaris_Cathedrale.jpg►La cathédrale d'Embrun telle que vous ne la verrez jamais plus.
 

En effet, dans le projet de "restauration", des abat-sons vont être installés dans toutes les baies de ce clocher de style lombard qui n'en n'a jamais eu.
Fermant ainsi toutes les ouvertures qui donnaient à ce clocher son aspect aérien et élancé, et qui permettait aux Embrunais habitant sur les hauteurs de la ville d'entendre les cloches sonner.

S'il faut saluer la pugnacité et la détermination de nos élus qui mettent tout en œuvre pour restaurer notre patrimoine, on ne peut qu'être atterré par les aberrations architecturales qui sont imposées.  

Triste époque!

Publié le 28/10/2023 17:01  - 1 commentaire - |     |

►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du vendredi 27 odtobre 2023 (Bernard Brabant)
 

 Quand l’éclairage public dépendait du bon vouloir de l’allumeur de réverbères
 

Allumeur de réverbères. Voilà un métier qui a disparu avec l’arrivée de l’électricité à la fin du XIXe  siècle. Il devait allumer, éteindre et entretenir les lanternes qui tentaient d’éclairer le centre-ville. Quand il ne passait pas, cela mettait les Embrunais dans une colère noire.

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Avant l’arrivée de l’électricité en 1891, une trentaine de lanternes éclairait Embrun dont la place de la mairie… quand l’allumeur de réverbères faisait son travail.  Dessin Le DL/Bernard Brabant


“Ne vous aventurez pas le soir, par un temps de pluie surtout, dans la rue du Théâtre, vous risqueriez fort de vous casser le cou. […] Le réverbère qui habituellement n’éclaire que faiblement, très faiblement, les abords de cette place assez fréquentée, ne l’éclairait pas du tout ce soir-là, par l’excellente raison qu’on avait oublié de l’allumer. […] Il arrive trop fréquemment que des oublis de ce genre se commettent.” Voilà ce qu’écrit le journal La Durance en mai 1885. Si les lanternes éclairent timidement, c’est souvent faute de nettoyage, leurs vitres sont noircies par la fumée. La gestion de l’éclairage à Embrun relève alors d’une entreprise privée concessionnaire. Il y a aussi ceux que l’on oublie d’éteindre : “Les personnes qui ont traversé mardi matin entre huit heures et neuf heures la place Saint-Pierre [place Barthelon aujourd’hui, NDLR] ont pu voir le réverbère de la mairie encore allumé.”
 

En 1885, la mairie décide de repousser l’extinction des lumières de 21 à 23 heures. Les plaintes continuent : “Les réverbères de l’Archevêché persistent à s’éteindre chaque soir avant neuf heures, à la grande joie… des amoureux.” Les deux réverbères de l’avenue de la Gare ne sont plus allumés quand le dernier train arrive.

 

En 1886, l’ingénieur Mora fait une démonstration d’électricité à Embrun. Il propose d’éclairer les rues avec la lampe Edison, propre, facile et sans risque d’incendie. La mairie passe une convention avec lui.


►L’éclairage électrique en 1891

Il devra placer 25 lampes électriques d’une intensité de 16 bougies chacune et dix autres lampes de huit bougies, éclairant jusqu’à minuit. En cas d’incendie, désastre public, émeute, l’éclairage devra durer toute la nuit si nécessaire. M. Mora devra éclairer gratuitement l’horloge communale, jusqu’à 30 fois par an le bureau de la mairie et la salle des délibérations du conseil municipal. Les personnes habitant vers un réverbère pourront s’abonner à l’électricité. C’est finalement grâce à Mondet père et fils qu’Embrun bénéficiera de l’éclairage électrique. En 1891, la même année que Paris.

Après des décennies de débauche d’éclairage public, comme d’autres villes, Embrun n’éclaire plus en permanence certains quartiers. Pour limiter l’extinction d’espèces vivant la nuit.

Publié le 28/10/2023 16:23  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du mardi 17 octobre 2023 (Bernard Brabant)
 

 Que s’est-il passé il y a 100 ans ?
 

Voici quelques actualités de ce mois d’octobre 1923 publiées par l’hebdomadaire embrunais La Durance.

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Châteauroux au début du siècle dernier. Au cours de l’été 1923, le village a accueilli près de 600 touristes. Mais il doit faire des progrès pour les satisfaire.  Photo Archives départementale côte 23-112


En ce mois d’octobre 1923, Joseph Alphand garde son troupeau à Savines. Passe un lièvre. Le berger excite les chiens qui se lancent à sa poursuite. Le lièvre fait demi-tour et se dirige vers le berger qui lance un coup de fouet sans l’atteindre. Le lièvre réussit à s’échapper. Les gendarmes dissimulés s’approchent du berger et lui dressent un PV pour “délit de chasse sans permis”. C’est ce que rapporte l’hebdomadaire La Durance sous le titre “Curieux délit de chasse”.


►Un cadavre sous le roc

En cueillant des amandes dans sa propriété sous le roc, Camille Parendier découvre un cadavre caché dans l’herbe. Il s’agit d’Auguste Féraud, disparu de l’hôpital depuis deux mois. On suppose qu’il est tombé d’un mur qui surplombe le roc.
 

Au hameau des Bernard à Chorges, en allant labourer son champ, Monsieur Combes trouve un inconnu pendu à un noyer. Le malheureux a laissé un message mystérieux : “Heure décisive, le mort ne parlera plus”.
 

À Châteauroux, on tire le bilan de la saison estivale. Près de 600 touristes ont séjourné dans le village. Ils y ont dépensé près 400 000 francs, soit dans les 450 000 euros actuels. Hélas, s’ils viennent, c’est pour le cadre, mais ne sont guère satisfaits de leur séjour. Pour le sous-préfet d’Embrun, le village doit élargir les routes, intensifier l’éclairage électrique, planter des arbres, installer le tout-à-l’égout et éliminer les tas d’ordure autour des maisons.
 

Au 54 rue de la Liberté à Embrun, Monsieur Rispaud a installé un atelier de fabrication de boîtes en carton. “Les ouvrières n’auront qu’à se pourvoir d’une chaise, qui sera étiquetée à leur nom et qui restera à l’atelier, pour leur usage”, précise La Durance.


►Les débuts chaotiques de l’aviation

Roger  Ronserail devait venir survoler Embrun le 30 septembre avec son coucou, pour annoncer une journée de l’air autour de l’aviation. À la suite d’une panne, il a dû atterrir près de Gap. Quand il reprend son envol, il perd alors son hélice. L’avion se fracasse. Le pilote a deux côtes enfoncées et une jambe brisée. Et en plus la manifestation est finalement annulée pour cause de mauvais temps. C’étaient les débuts hasardeux de l’aviation. On appelait alors les pilotes, les “fous volants”.
 

Le journal rappelle que le samedi 6 octobre, il faudra reculer sa montre d’une heure pour passer à l’heure d’hiver.

Publié le 17/10/2023 16:07  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du mardi 3 octobre 2023 (Bernard Brabant)
 

Vie chère et faits divers font l’actualité d’il y a 100 ans
 

Régulièrement, nous prenons des nouvelles de l’actualité d’il y a 100 ans publiée par l’hebdomadaire embrunais La Durance que l’on peut consulter en ligne sur le site des Archives départementales des Hautes-Alpes.


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Les “magasins économiques” à Embrun en 1932. Une enseigne qui parle aux Embrunais qui se plaignent de la vie chère.  
Photo Archives départementales côte 29-291


Après les grosses chaleurs du mois d’août et les feux qui ont parcouru quelques-unes de nos forêts, on prépare la rentrée en septembre 1923. Les habitants se plaignent de la vie chère.


“C’est entendu, tout est cher”, se plaint l’hebdomadaire La Durance. Ce n’est pas nouveau : “Ce mouvement de hausse s’était d’ailleurs produit de 1905 à 1914, et si vous relisiez les journaux de cette époque, vous verriez que l’on parlait déjà de « la vie chère ».”


►L’école primaire ouvre une section agricole


On prépare la rentrée scolaire qui a lieu traditionnellement début octobre. Au mois de septembre, la plupart des enfants aident leurs parents à la ferme. L’école primaire va ouvrir une section agricole. Elle “reçoit des enfants de 11 ou 12 ans, qui étudient la chimie agricole, l’agriculture théorique, la comptabilité agricole et acquièrent une certaine expérience ou pratique professionnelle”, annonce fièrement son directeur.


Les habitants de Châteauroux ont accompagné à sa dernière demeure Victor Turcan. Il a beaucoup fait pour la commune rappelle le journal : “Agrandissement de l’avenue de la Gare, construction d’un pont sur la Durance pour relier la commune de Châteauroux à celle de Saint-André, etc.”


Côté faits divers, le jeune Émile Tronc, qui, comme son nom l’indique, est employé dans une scierie, a eu deux doigts sectionnés.


À Saint-Apollinaire, pour une question d’arrosage, Antoine Astier a donné un coup de poing en pleine figure au garde champêtre François Valentour qui a dressé un procès-verbal.


On signale un vol de quatre à cinq kilos de lard commis au préjudice de Michel Albert, entrepreneur de transport à Savines. Une enquête est ouverte.


À la foire d’Embrun, les “coupeurs de poche de vestes et de gilets” ont opéré. Émile Fortoul, des Orres, André Anthoine et Auguste Roland, de Châteauroux, ont ainsi été délestés de leur portefeuille.


Heureusement, il y a des gens honnêtes : un jeune garçon a trouvé une bague de haute valeur au jardin de l’Archevêché. Il l’a remise à son propriétaire sans demander de récompense.


Aux Orres, une brebis et son agneau ont été trouvés. Il suffit de les réclamer auprès de Désiré Fortoul, le garde champêtre.


Autre bonne nouvelle : la troisième session des assises des Hautes-Alpes qui devait s’ouvrir le 28 septembre n’aura pas lieu. Faute de crime.

Publié le 04/10/2023 09:21  - aucun commentaire - |     |