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►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du lundi 6 novembre 2023 (Marc Morbelli)


Retour sur la route des papes


 

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Maurice Fortoul a conté les rapports entre les archevêques d’Embrun et les papes d’Avignon.  Photo Le DL/Marc Morbelli

Ce vendredi 3 novembre en fin d’après-midi à la Manutention, à Embrun, s’est déroulée une causerie du service culturel de la ville d’Embrun animée par Maurice Fortoul. Celui-ci a fait faire un retour en arrière d’environ 700 ans à 60 à 70 personnes. Il a conté l’histoire d’Embrun, métropole religieuse des Alpes, et ses liens avec la papauté, alors installée à Avignon, au XIVe  siècle. Les deux villes étaient déjà, sous l’ère romaine, sur l’itinéraire qui reliait Rome et la péninsule ibérique par la Via Domitia. Une position dont elles tirèrent historiquement avantage.
 

Depuis le IVe  siècle, Embrun avait un évêque, saint Marcellin. Simultanément la ville avait été désignée par l’empire romain comme 17e métropole de la Gaulle. Puis l’évêché sera érigé en archevêché en 794 par Charlemagne, prenant ainsi sous sa coupe les évêchés de Digne, Vence, Glandève, Senez et Nice. Grasse s’y ajoute en 1244. C’est aussi à cette époque qu’est bâtie la cathédrale Notre-Dame du Réal, donnant toute l’importance que l’on connaît à son archevêque qui était prince d’Embrun, comte de Beaufort et de Guillestre.



►Les années 1345 et 1346, un sommet radieux dans l’histoire
 

Au Moyen-Âge, ils frappent monnaie. À partir de 1301, un conflit violent oppose le pape Boniface VIII au roi de France Philippe le Bel. Après l’humiliation et la mort du pape en 1303, le 5 juin 1305, Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux, est élu pape sous le nom de Clément V. Celui-ci, entièrement au service du roi de France, renonce alors à se rendre à Rome et s’établit à Avignon, au printemps 1309. Ses six successeurs feront de même jusqu’en 1377. La proximité de la cour pontificale influence grandement la fortune des archevêques d’Embrun, donnant au siège d’Embrun un attrait particulier. Les années 1345 et 1346 apparaissent comme un sommet radieux dans l’histoire.
 

L’archevêque, le dauphin, la cité et les communautés diverses ont harmonieusement accordé leurs pouvoirs et leurs droits. Grâce aux miracles qui se succèdent dans la grandiose cathédrale, la cité rayonne d’un prestige mystique. Elle jouit d’une prospérité, modeste sans doute, mais telle qu’elle n’en a jamais connu. Bien plus tard, le siège archiépiscopal est rétrogradé en 1790 et devint évêché suffragant d’Aix-en-Provence. Il est supprimé en 1802. Le diocèse est rattaché à celui de Digne. La révolution est passée par là.