Texte à méditer :   Votre soutien nous est utile et précieux pour poursuivre notre action.   
Texte à méditer :   "L'âme d'Embrun c'est son Histoire, et l'Histoire se fait jour après jour"   Emile Escallier
 
Vous êtes ici :   Accueil » Blog » Tous les billets

Blog - Tous les billets

►Article paru dans LE DAUPHINE LIBERE du lundi 5 juin 2023 (Par Marc Morbelli)
 

Avec leur descente de la Durance, les Radeliers remontent le temps


La ferveur et la passion populaire pour encourager l’atypique descente en radeaux ont fait de la 23e reconstitution historique un véritable succès.


Radeliers_DL2023_01.jpg
Les Radeliers de la Durance juste avant le départ de Saint-Clément-sur-Durance. (photo Le DL/Marc MORBELLI)


Après la descente entre L’Argentière-la-Bessée et Saint-Clément-sur-Durance le samedi, ce dimanche était consacré à celle menant les radeliers le long de la digue du plan d’eau d’Embrun.
 

► Malgré la pluie, le public présent

Leurs embarcations, comme à l’époque pour transporter le bois, ont vogué via la vague du Rabiou, à Châteauroux-les-Alpes, et emprunté le passage toujours délicat du Pont-Neuf et de la vague de la Clapière. Ce week-end, le débit suffisamment important de la Durance a facilité la navigation, même s’il est toujours très difficile de manœuvrer ces radeaux. Les eaux de la Durance sont piégeuses et ne se laissent pas dompter facilement. Les rochers, qui affleurent parfois par endroits, n’ont pas créé d’écueils et les quatre bateaux sont descendus plus rapidement qu’à l’accoutumée : les équipages maîtrisant bien les flots qui les ont emportés ce dimanche.
 

Malgré la pluie, le public a répondu présent : curieux de voir la fameuse descente de ces radeaux de bois, dont le plus long mesure 13 mètres. Les familles, patientes, ont chaleureusement applaudi et encouragé les participants à leur passage. La passion populaire pour les Radeliers ne se dément pas.
 

Cette année, l’association des Radeliers de la Durance a dignement fêté le 30e anniversaire de sa création, en dégustant notamment un immense gâteau confectionné par Aurore Ziga. À leur arrivée au plan d’eau d’Embrun, les soutiens institutionnels de l’association étaient là.

« Les deux journées se sont très bien passées, se réjouit Guillaume Legros, le président des Radeliers de la Durance. Tout au long de l’année, avec les différentes étapes de préparations, nous avons tout fait pour réussir cette 23e reconstitution historique. Nous sommes donc très heureux de l’avoir réussi et de voir que malgré la pluie autant de monde est venu pour nous encourager et nous suivre. Au sein de l’association, nous sommes de nombreux jeunes, notre volonté est de pérenniser cet évènement. »

Radeliers_DL2023_05.jpg
Un radeau passe au Pont-Neuf, parfois l'eau recouvre tout. (photo Le DL/Marc MORBELLI)
Radeliers_DL2023_03.jpg
Le radeau le plus long, 13 mètres, s'élance sur les flots tumultueux de la Durance. (photo Le DL/Marc MORBELLI)
Radeliers_DL2023_04.jpg
Passage réussi d'un radeau à la vague de la Clapière à Embrun. 
(photo Le DL/Marc MORBELLI)
Radeliers_DL2023_02.jpg
Il y avait du monde pour le départ malgré le temps maussade et pluvieux. (photo Le DL/Marc MORBELLI)

Publié le 06/06/2023 10:43  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans LA PROVENCE du samedi 20 avril 2019 (Par Tanguy COHEN)
 

Embrun : la vie tragique des Notre-Dame


Le clocher de la cathédrale Notre-Dame d'Embrun était partiellement détruit au milieu du XIXe siècle


ND_Real_Clocher_LaProvence.jpg

Le clocher et la flèche de la cathédrale d'Embrun sont comme un phare juché sur le rocher. (Photo M.R. LA PROVENVE)


Le 18 juin 1852, à 14h30, la foudre tombait sur le clocher de la cathédrale. La flèche, haute de 16 mètres, était coupée en deux et renversée. Des débris sont alors tombés à l'intérieur du clocher et sur le sol entourant le clocher. Certes, les dégâts occasionnés à Notre-Dame de Paris il y a quelques jours sont d'une autre gravité que ceux subis par Notre-Dame d'Embrun jadis. Néanmoins, le rapprochement entre ces deux événements n'est pas injustifié ; ils ne sont évidemment pas de la même ampleur et ont touché deux cités très différentes.

Rappelons qu'Embrun fut à sa manière une capitale puisque durant 15 siècles elle fut une métropole religieuse dont les archevêques ont longtemps possédé aussi un pouvoir temporel important.
 

"Cet accident a compromis très gravement toute l'église"
 

L'inspecteur général des monuments historiques, Prosper Mérimée (l'écrivain), chargea l'architecte Pierre Manguin de visiter la cathédrale et d'évaluer le montant des travaux. Le 4 février 1854, il rendait son rapport dont suivent des extraits : "L'église de N.-D. D'Embrun est un édifice très remarquable du XIIIe siècle, que son style gothique distingue parmi tous les monuments de cette partie de la France. Cet accident a compromis très gravement toute l'église." À Embrun comme à Paris, la destruction d'une partie de l'édifice met en péril l'ensemble. "L'ensemble des charpentes effondrées, cela ne fera pas de bien aux voûtes, et cela crée un choc mécanique important", a déclaré après l'incendie Benjamin Mouton, ex-architecte en chef de N.D. de Paris.
 

Mérimée décrivait ainsi le clocher : "Une hauteur de 34m68, une largeur de 8m80 et couronné par une flèche de 16 m de hauteur environ. Ses murs ont une épaisseur de 1m30. Notre-Dame d'Embrun détient en outre une originalité ; au lieu d'avoir construit ce clocher énorme (près de 4 000 tonnes, ndlr) en hors oeuvre, comme dans la plupart des cathédrales italiennes, ou à Moustiers-Sainte-Marie, les constructeurs d'Embrun, avec une belle témérité, l'ont établi de deux côtés sur les murs d'angle de la cathédrale et, d'autre part, sur deux arcs qui ont eux-mêmes leurs points d'appui communs en porte à faux. Cette situation périlleuse avait provoqué des tassements inquiétants avant même la catastrophe de 1852".


M. Manguin qui a examiné l'édifice était étonné que les vices énormes de cette disposition n'aient pas déjà amené la ruine de la tour.


Étonnante similitude


En 1785, le feu avait embrasé l'échafaudage lors de travaux...
 

Les travaux de reconstruction ont duré de 1858 à 1867. On a mis à bas la flèche et les deux étages supérieurs qui ont été reconstruits à l'identique.
 

Les archives de la cathédrale d'Embrun nous rappellent également ce fait : Des réparations sur la flèche du clocher de la grande église sont effectuées en 1785. Pour ce faire, "il a été fait quatre échafauds" ; le feu devait prendre à ces "échafauds, occasionné par le charbon allumé, dont on avoit besoin pour souder le fer-blanc...". Une étonnante similitude possible pour les deux Notre-Dame, à 234 années d'intervalle !

Publié le 03/06/2023 16:47  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans le Dauphiné Libéré du mardi 23 mai 2023 
 

Une exposition qui en apprend long sur l'école d'autrefois
 

La ville d’Embrun propose à la Maison des Chanonges, rue de l’Archevêché, une exposition gratuite jusqu’au samedi 4  novembre consacrée à l’école d’autrefois. Cette exposition est le fruit d’un partenariat avec l’Association de sauvegarde et d’études du patrimoine embrunais, l’association La Muande, les écoles d’Embrun, la maison de retraite des Chanterelles, Croc’Loisirs et différents collectionneurs.


Expo_ecole.jpg


Le vernissage de l’exposition sur l’école d’autrefois s’est déroulé ce mardi soir en présence de Wiebke Silve, adjointe aux affaires scolaires et périscolaires et Jehanne Marrou, adjointe à la culture et au patrimoine. Une bonne trentaine de personnes a assisté au lancement de l’exposition. Les élues ont chaleureusement remercié les personnes ayant mis à disposition objets et documents et les personnels communaux pour leur travail de mise en place.


► L’occasion de partager des souvenirs 


Pupitres d’écoliers avec encriers en porcelaine, estrade et bureau de l’instituteur ou institutrice, tableaux noirs, de nombreux documents tels que des cartes géantes de géographie, histoire, leçons de choses, sciences naturelles, photos et descriptifs d’époque, livres, cahiers, carnets de notes, instruments de musique, projecteurs de films : de multiples trésors ont été, rassemblés pour un beau voyage dans le temps. Les souvenirs de cette partie d’enfance sont vite revenus à la surface chez certains.

Pour d’autres, « c’est un grand plaisir de redécouvrir ce que fut l’école d’alors, de revoir ce qu’elle nous a apporté, appris ». Ce patrimoine est un moment à partager en famille. Les plus âgés pourront partager avec les plus jeunes leurs souvenirs de cette époque où il n’y avait ni informatique, ni téléphone mobile, où tout se passait au tableau noir et dans les cahiers sur lesquels il fallait bien écrire avec les plumes sergent-major. Avec l’encre, il fallait réaliser de jolies lettres avec pleins et déliés, puisqu’il n’y avait pas non plus de stylo à bille.

Horaires : - de mai à juin et de septembre à novembre du mercredi au samedi de 15 à 18 h. - en juillet et août du mardi au dimanche de 16 à 19 h. Fermée les jours fériés.

Visites guidées : les jeudis du 20 juillet au 10 août à 16 h ; le dimanche 17 septembre à 10 h et les jeudis, du 26 octobre au 2 novembre, à 14 h 30.
 

Publié le 23/05/2023 11:51  - aucun commentaire - |     |

Régulièrement, nous reprenons des nouvelles de l'hebdomadaire embrunais La Durance, que l'on peut consulter en ligne sur le site des Archives départementales des Hautes-Alpes.
 

Il y a 100 ans, le monument aux morts de la cathédrale d'Embrun était inauguré.

IMG_0127.jpeg

Le monument aux morts de la cathédrale.
Le tombeau provient de Sisteron grâce "à la bienveillante générosité de Monsieur Roman du château de Picomtal" précise La Durance (Photo Le DL/BB)

 C’est une des nouvelles que publie l’hebdomadaire embrunais La Durance , en mai 1923. Nous sommes cinq ans après la fin de la Première Guerre mondiale. Le 13 mai 1923 est inauguré le monument à la mémoire des victimes de la guerre, dans la cathédrale d’Embrun. Un monument à base de recyclage : le tombeau de l’autel provient de l’église de Sisteron. Les gradins sculptés, le tabernacle et le petit retable à colonnettes qui le surmontent sont autant de débris d’un ancien autel de la cathédrale.
 

Le dimanche 27 mai 1923, comme dans toutes les villes, on fête le centenaire de Louis Pasteur, le savant qui a permis de combattre la rage. En 1895, dix ans après la mise au point de son vaccin, une habitante d’Embrun avait mis son piano en loterie pour que la ville puisse acheter de ces précieux sérums.
 

On apprend que “très prochainement, pour cause d’agrandissement et d’améliorations, la pharmacie Masson (ancienne pharmacie Arduin) sera transférée rue Clovis Hugues (en face la place aux Herbes)”. Une pharmacie qui s’appelle maintenant “du Mont Guillaume”. À noter que Messieurs Arduin et Masson sont deux anciens maires.
 

Autre bonne nouvelle : Monsieur Rouvière, célèbre “oculariste”, sera de passage à l’hôtel Moderne. Il guérit des problèmes de surdité et surtout de vue, grâce à ses yeux artificiels. “L’application en sera faite immédiate et sans douleurs”, promet-il. On s’en félicite.
 

Quant à Madame Julia, elle vante son “Emplâtre bleu” qui fait des merveilles. Le seul remède, assure-t-elle, pour les retours d’âges de ces dames et les constipations chroniques.


► L’heure d’été rétablie


Le Sénat vote de justesse le passage à l’heure d’été qui est ainsi rétablie. Le bien-fondé de cette mesure faisait déjà polémique à cette époque.


Le directeur des PTT (La Poste d’alors) rappelle que dans les villages dépourvus de bureau de poste, le facteur fait à domicile “l’émission et le paiement des mandats, le dépôt des objets à recommander, l’expédition des télégrammes, les versements et le remboursement à la Caisse nationale d’épargne, le règlement des livrets…”. Il regrette que les villageois n’y pensent pas assez. Sur ce dernier point, on ne peut pas dire qu’en 100 ans, on ait fait des progrès…

Publié le 21/05/2023 12:03  - aucun commentaire - |     |

Jean Soulier Argentiere.jpgLes différents ouvrages de Jean Soulier


 

Jean Soulier, chasseur de montagne, écrivain et philosophe comme il aimait à le faire remarquer était bien connu dans sa région des Hautes Alpes.

Le 27 janvier 2017, à l’âge de 88 ans, Jean Soulier nous quittait, cet homme affable, personnage haut en couleur et proche de la nature était aussi un passionné de lettre. Amateur d’une chasse authentique et fervent disciple de poursuites au sommet du chamois dans ses Alpes du sud, qu’il affectionnait tant, il laisse un cruel vide au sein de la petite famille d’écrivains chasseurs-montagnards.


 

Ces incorrigibles chasseurs de chamois


257 p

Édition : Grenoble : Impr. Guirimand , 1978

Les-corbeaux-rouges--Recit-de-chasse-aux-chamois-dans-les-Hautes-Alpes.jpg

Ces sacrés vieux boucs
souvenirs de chasse au chamois dans les Alpes

291 p.-8 p. de pl. en couleur.
Édition : Embrun : J. Soulier , 1995

Les-corbeaux-rouges-tome-II--Jean-SOULIER-Recit-de-chasse-dans-les-Hautes-Alpes.jpg

Essai philosophique montagnard

134 p.

Édition : Embrun : J. Soulier , 1997

Le Divarisme_01_redimensionner.jpg

Le grand kapitaldivarien ou l'histoire d'un chamois

303 p.

Édition : Embrun : J. Soulier , 1991

Narcisse_01.jpg

- 260 pages 16x24

- Nombreuses illustrations dont 36 en couleurs

Divarius_01.jpg

IDEU RECA RUL ET MAO
ou l'initiation des siècles


- 1984, 28 pages illustrées

LesPlusVieuxDesContesDeFaits_01.jpg
  • DU TAOISME AU DIVARISME

    De LI-FUI ou LAO-TSEU (604 av.J.C.) le vieux maître à nos jours
    24 siècles d'analogie !

DuToismeAuDivarisme.jpg

CAHIER Numéro II

CueillettesSiderales.jpg

CAHIER Numéro III

IntercantationDivarienne.jpg

RENSEIGNEMENTS : Bernard SOULIER 

Tél.: 06 78 84 05 77
Email : bernard2512@hotmail.fr

Publié le 07/05/2023 17:32  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans le Dauphiné Libéré du jeudi 4 mai 2023 - Bernard Brabant
 

Comment Embrun luttait contre les incendies il y a 140 ans
 

DL_2023_05_04_Pompiers.jpg
Reconstitution d’un incendie en 1884.
Les pompiers qui ne peuvent se payer d’uniforme ont un brassard. On fait la chaîne pour alimenter avec des seaux les pompes à incendie à bras.  Dessin Le DL/Bernard Brabant

Voici le récit d’un incendie ordinaire qui s’est réellement passé il y a 140 ans. Tout le monde se mobilise pour qu’il ne ravage pas Embrun. Mais on ne fait pas qu’arroser les flammes.
 

Dimanche 27 janvier 1884, 11 h 45. Le clairon des pompiers sonne. Un incendie vient d’éclater chez la veuve Jacquet, rue Neuve (rue Victor-Maurel aujourd’hui).
 

Pompiers, soldats, hommes, femmes, c’est la mobilisation générale. Le feu ne doit pas s’étendre. Beaucoup de maisons ont des granges remplies de foin. Les pompiers arrivent avec leurs deux pompes à bras. Déjà, la toiture est en flammes. On amène la pompe de la compagnie des chemins de fer et celle de la maison centrale de détention. Les soldats arrivent aussi avec leur matériel. Un certain Monsieur Nave prête également sa pompe.
 

Quatre chaînes humaines se forment
 

Il faut amener de l’eau par seaux pour alimenter les pompes les plus anciennes. Quatre chaînes humaines se forment. C’est ce que rapporte l’hebdomadaire La Durance , situé dans la même rue : “L’une allant puiser de l’eau sur la place Saint-Pierre [actuellement place Barthelon, NDLR], l’autre sur la place du Tilleul, la troisième à la porte de Briançon [en haut de la rue Clovis-Hugues] et la quatrième à l’Arsenal”.
 

Les pompiers doivent arroser l’incendie. Mais il n’y a pas que l’eau qui coule à flots. Il faut aussi imbiber les gosiers note le journal La Durance  : “Constatons enfin la prodigalité des voisins, des bureaux de La Durance , s’échappent des ruisseaux de vin, où chacun vient prendre des forces. Presque tout ce qu’Embrun possède de valide se trouve à la chaîne, il n’est pas jusqu’à nos charmantes jeunes filles qui n’aient joué leur rôle, les unes font passer de l’eau, d’autres portent un cordial quelconque aux pompiers…”
 

À 12 h 30, l’incendie est maîtrisé. C’est au tour de la mairie d’offrir du vin aux soldats qui ont participé à cette lutte : “Notre municipalité, en vous offrant une ration de vin, a voulu surtout vous montrer que si elle était pauvre, elle était aussi reconnaissante”, raille l’hebdomadaire.
 

Il avait publié une lettre ouverte quelques années avant signée par le capitaine des pompiers Rispaud : “Embrun ne possède qu’une unique pompe, déjà détériorée par de nombreux services.” Le “maigre budget” de la commune ne pouvant en payer une, Rispaud avait lancé une tombola. Grâce à la participation de chacun, aux dons du préfet Ladoucette et du député Ferrary, Embrun s’est munie d’une nouvelle pompe : “Elle se distingue de l’ancienne en ce qu’elle est pourvue d’un tuyau d’aspiration et peut ainsi se charger toute seule dans un réservoir et sans le secours d’une chaîne [de seaux d’eau]”, se réjouit le capitaine. Légère, elle est plus facile à transporter pour porter secours aux communes voisines toujours dépourvues de pompes.
 

Ainsi, Baratier n’en avait toujours pas quand la maison du sieur Michel a été réduite en cendres en 1884. Il a fallu attendre que les pompiers arrivent d’Embrun au pas de gymnastique avec leur pompe pour que le feu ne se propage pas.

• Bernard Brabant


 

Des incendies ravageurs

le-hameau-de-sainte-catherine-en-1903-entierement-reconstruit-avec-l-aide-d-une-souscription-20-ans-auparavant-il-avait-ete-completement-detruit-par-un-incendie-qui-a-fait-trois-victimes-photo-le-dl-arc.jpg

Le hameau de Sainte-Catherine en 1903. Entièrement reconstruit avec l’aide d’une souscription. 20 ans auparavant, il avait été complètement détruit par un incendie qui a fait trois victimes.  Photo Le DL / Archives départementales côte 21 Fi 5161 /1

  Un incendie est si vite arrivé. L’hiver, quand les granges sont pleines, les cheminées sont souvent allumées, on s’éclaire à la chandelle. Des flammes qui peuvent facilement se transmettre au foin, à la paille. Car beaucoup de maisons à Embrun sont des fermes avec des granges.

  Un incendie qui se déclare peut embraser un hameau, un village ou une ville. Les maires d’Embrun ont pris des mesures préventives comme imposer en 1848 des portes et volets sur les granges pour que les étincelles poussées par le vent ne puissent y pénétrer. En 1885, on décide d’installer dix bouches d’incendies.

  D’autres villages ont malheureusement été entièrement détruits. Dans la nuit du 21 au 22 octobre 1837 : 123 maisons ont été anéanties à Guillestre. 25 autres seront à nouveau détruites en 1847.

  En mai 1883, au hameau de Sainte-Catherine à Vars, 32 maisons sont complètement brûlées. Trois personnes, dont une jeune fille de 18 ans, ont péri. “La misère est profonde ; une centaine de paysans sont sans asile et sans ressources”, se désole l’hebdomadaire La Durance. Comme à chaque désastre, une vaste souscription est lancée pour venir en aide aux habitants.

Publié le 04/05/2023 12:00  - aucun commentaire - |     |

ASPEC Journal 20231024_1.jpgBonjour à tous

J’ai le plaisir de vous adresser ci-joint la nouvelle édition de notre journal que vous ne tarderez pas à recevoir dans votre boîte aux lettres si ce n’est déjà fait.

► CLIQUER ICI POUR TELECHARGER

Nous en commenterons le contenu lors de notre prochaine assemblée générale à laquelle vous êtes tous conviés,

 le samedi 6 mai prochain à 17H à la salle du camping.

Pour ceux qui ne pourront se joindre à nous à cette occasion, merci de nous faire parvenir un pouvoir en accompagnement de votre bulletin d’adhésion

A très bientôt pour des échanges conviviaux


Jeanine RIOU
Présidente de l’ASPEC
Tel 06 42 60 86 41
associationaspec05@gmail.com
https://www.facebook.com/ASPEC.Crots

Publié le 03/05/2023 16:13  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans le Dauphiné Libéré du mardi 11 avril 2023 - Bernard Brabant
 

Quand les courses de chevaux payaient une partie du réseau d’eau

Il y a 100 ans, les bénéfices de l’ancêtre du PMU ont en partie subventionné les travaux pour amener l’eau. Crise au conseil municipal : le maire démissionne. Voilà ce qu’on pouvait lire dans l’hebdoma- daire embrunais La Durance , en avril 1923.
 

DL_2023_04_11_PlaceBarthelon.jpg
La place Saint-Pierre au début du XXe siècle. Sa fontaine d’eau potable et sa mairie.  Photo Archives départementales côte 39-276

Une bonne nouvelle : Embrun touchera 120 000 francs du Pari mutuel pour ses travaux d’eau potable (soit, si l’on rapporte à la valeur actuelle, la somme de 135 000 € pour des travaux estimés à plus d’1 million d’euros). Dans ses statuts, la société de paris de courses doit redistribuer une petite partie de ses bénéfices. Châteauroux touchera également une subvention correspondant à 25 000 €.

La vie au conseil municipal n’est pas pour autant un long fleuve tranquille. Les confits se succèdent. Le préfet vient enfin d’accepter la démission du maire, Monsieur Joubert. “Ces crises municipales, vraiment trop fréquentes (la 4e depuis décembre 1919), ne peuvent qu’être nuisibles aux intérêts de notre chère ville” se désole l’hebdomadaire embrunais La Durance. Le 7 avril, le conseil choisit son doyen, le commandant Toussaint qui n’est pas candidat. Il refuse le poste. Quinze jours plus tard, il accepte devant l’insistance du conseil.

►Le député blanchi par la justice
 

Le député Gilbert Laplace est heureux d’annoncer qu’il a été blanchi par la justice dans une sombre affaire minière au Congo. Dans le civil, cet ingénieur a fait construire, entre 1904 et 1909, la centrale électrique de L’Argentière-la- Bessée qui est à l’époque la plus puissante d’Europe. Son concurrent politique a fait courir le bruit que le député avait des intérêts dans la construction du viaduc de Chanteloube. Ce viaduc n’a jamais servi. Il faisait partie de la ligne de chemin de fer à destination de Barcelonnette. Projet abandonné en cours de route. Cette construction se rappelle à notre bon souvenir en émergeant quand la cote du lac est basse. Autant dire de plus en plus souvent.


►Recherche nourrice

 

Côté offres d’emploi, on cherche une “nourrice lait de 10 mois” qui voudrait prendre un nourrisson à Marseille. Nourrice, un travail en voie de disparition, depuis l’invention des biberons “Robert”. “La soupape permet à l’enfant de faire la succion sans aucun effort et remplace très bien la succion naturelle”, proclame une publicité de cette marque dans un numéro précédent du journal. Son nom est passé dans l’argot. On a longtemps appelé les poitrines féminines : des “roberts”.

Publié le 11/04/2023 16:41  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans le Dauphiné Libéré du jeudi 6 avril 2023 - Bernard Brabant
 

Il y a 80 ans, les premiers maquis de l’Embrunais venaient de naître

En mars 1943, pour cacher les jeunes qui voulaient échapper au Service du travail obligatoire, les maquis de Boscodon et des Orres s’organisaient.
 

DL_Maquis_Embrun_2_redimensionner.jpg
Ce sont dans ces bâtiments d’Albin Joubert à Combe-Brézès que se sont réfugiés ceux qui fuient le STO.
D’autres trouveront refuge chez Marcel Imbert à Boscodon. Deux maquis sont nés.  Photo Le DL /B.B.

Février 1943. Le gouvernement de Laval prend un décret : les jeunes gens de 20 ans sont soumis au Service du travail obligatoire (STO). Ils doivent partir en Allemagne pour la plupart. Deux ans d’esclavage dans des conditions épouvantables : certains n’en reviendront pas. D’autres refusent de partir.

René Philip, Roger Guion et Abel Fouret sont trois jeunes qui prennent le train, en gare d’Embrun, le 12 mars 1943, au milieu des pleurs. Ils sont convoqués et doivent se rendre en Allemagne. Mais, arrivés à Gap, ils n’attendent pas le train allant vers Marseille et prennent la décision de rentrer se cacher. Grâce au secrétaire de mairie de Saint-Sauveur, Albin Joubert, qui est également agriculteur, ils trouvent refuge dans sa ferme de Combe-Brézès. C’est maintenant leur camp de base.

René Philip travaille aux Ponts-et-Chaussées avec le fils de Marcel Chevalier. Les jeunes réfractaires bénéficient de l’entraide des fonctionnaires de cette administration et des réseaux socialistes. Ce maquis relèvera du MUR, un groupement de résistants non communistes. Il aura donc pour chef Marcel Chevalier.
De son côté, Marcel Imbert de Crots, raconte dans ses mémoires : “Le 19 mars 1943, j’assistais aux obsèques d’une dame à Saint-Jean-des-Crottes, lorsque deux amis me demandèrent si j’étais toujours décidé à faire ce que j’avais dit concernant le STO. Ayant répondu par l’affirmative, ils m’informèrent qu’il en arriverait quatre le soir-même à la gare d’Embrun.”

Il cache ainsi ces jeunes réfractaires au STO dans ce qui fut l’abbaye de Boscodon. Depuis la Révolution, ces bâtiments plutôt délabrés appartiennent à des particuliers, en l’occurrence à la belle famille de Marcel Imbert, exploitant forestier. Devant l’afflux de jeunes, il en cachera dans différents hameaux des Crottes (ancien nom de Crots), dans des grottes et dans une cabane de bûcheron appelé Camp de Gaulle. Il est le chef de ce maquis de l’Organisation de résistance de l’armée qui rejoindra de Gaulle.

Des actions de sabotage et de harcèlement contre les Allemands

Le maquis de Boscodon connaîtra un destin tragique. À la suite d’une trahison, le 16 mai 1944, dix maquisards sont déportés en Allemagne. Cinq n’en reviendront jamais.

Si le maquis des Crottes n’a jamais mené de combats, celui de Combe-Brézès deviendra le maquis des Orres. Sous le commandement du lieutenant Eymin, il mènera des actions de sabotage et de harcèlement contre les Allemands au printemps et en été 1944, pour aider à la Libération de l’Embrunais. Quand les Alliés entreront dans Embrun, les occupants auront déjà déguerpi.

Publié le 07/04/2023 12:22  - aucun commentaire - |     |

DL_20230125_BaronAnthoine_redimensionner.png

Article paru dans le DAUPHINÉ LIBÉRÉ du mercredi 25janvier 2023

► Voir aussi : CAUSERIE PATRIMOINE : Le Baron Anthoine

Publié le 25/01/2023 10:13  - 2 commentaires - |     |