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Texte à méditer :   "L'âme d'Embrun c'est son Histoire, et l'Histoire se fait jour après jour"   Emile Escallier
 
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►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du vendredi 27 odtobre 2023 (Bernard Brabant)
 

 Quand l’éclairage public dépendait du bon vouloir de l’allumeur de réverbères
 

Allumeur de réverbères. Voilà un métier qui a disparu avec l’arrivée de l’électricité à la fin du XIXe  siècle. Il devait allumer, éteindre et entretenir les lanternes qui tentaient d’éclairer le centre-ville. Quand il ne passait pas, cela mettait les Embrunais dans une colère noire.

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Avant l’arrivée de l’électricité en 1891, une trentaine de lanternes éclairait Embrun dont la place de la mairie… quand l’allumeur de réverbères faisait son travail.  Dessin Le DL/Bernard Brabant


“Ne vous aventurez pas le soir, par un temps de pluie surtout, dans la rue du Théâtre, vous risqueriez fort de vous casser le cou. […] Le réverbère qui habituellement n’éclaire que faiblement, très faiblement, les abords de cette place assez fréquentée, ne l’éclairait pas du tout ce soir-là, par l’excellente raison qu’on avait oublié de l’allumer. […] Il arrive trop fréquemment que des oublis de ce genre se commettent.” Voilà ce qu’écrit le journal La Durance en mai 1885. Si les lanternes éclairent timidement, c’est souvent faute de nettoyage, leurs vitres sont noircies par la fumée. La gestion de l’éclairage à Embrun relève alors d’une entreprise privée concessionnaire. Il y a aussi ceux que l’on oublie d’éteindre : “Les personnes qui ont traversé mardi matin entre huit heures et neuf heures la place Saint-Pierre [place Barthelon aujourd’hui, NDLR] ont pu voir le réverbère de la mairie encore allumé.”
 

En 1885, la mairie décide de repousser l’extinction des lumières de 21 à 23 heures. Les plaintes continuent : “Les réverbères de l’Archevêché persistent à s’éteindre chaque soir avant neuf heures, à la grande joie… des amoureux.” Les deux réverbères de l’avenue de la Gare ne sont plus allumés quand le dernier train arrive.

 

En 1886, l’ingénieur Mora fait une démonstration d’électricité à Embrun. Il propose d’éclairer les rues avec la lampe Edison, propre, facile et sans risque d’incendie. La mairie passe une convention avec lui.


►L’éclairage électrique en 1891

Il devra placer 25 lampes électriques d’une intensité de 16 bougies chacune et dix autres lampes de huit bougies, éclairant jusqu’à minuit. En cas d’incendie, désastre public, émeute, l’éclairage devra durer toute la nuit si nécessaire. M. Mora devra éclairer gratuitement l’horloge communale, jusqu’à 30 fois par an le bureau de la mairie et la salle des délibérations du conseil municipal. Les personnes habitant vers un réverbère pourront s’abonner à l’électricité. C’est finalement grâce à Mondet père et fils qu’Embrun bénéficiera de l’éclairage électrique. En 1891, la même année que Paris.

Après des décennies de débauche d’éclairage public, comme d’autres villes, Embrun n’éclaire plus en permanence certains quartiers. Pour limiter l’extinction d’espèces vivant la nuit.

Publié le 28/10/2023 16:23  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du mardi 17 octobre 2023 (Bernard Brabant)
 

 Que s’est-il passé il y a 100 ans ?
 

Voici quelques actualités de ce mois d’octobre 1923 publiées par l’hebdomadaire embrunais La Durance.

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Châteauroux au début du siècle dernier. Au cours de l’été 1923, le village a accueilli près de 600 touristes. Mais il doit faire des progrès pour les satisfaire.  Photo Archives départementale côte 23-112


En ce mois d’octobre 1923, Joseph Alphand garde son troupeau à Savines. Passe un lièvre. Le berger excite les chiens qui se lancent à sa poursuite. Le lièvre fait demi-tour et se dirige vers le berger qui lance un coup de fouet sans l’atteindre. Le lièvre réussit à s’échapper. Les gendarmes dissimulés s’approchent du berger et lui dressent un PV pour “délit de chasse sans permis”. C’est ce que rapporte l’hebdomadaire La Durance sous le titre “Curieux délit de chasse”.


►Un cadavre sous le roc

En cueillant des amandes dans sa propriété sous le roc, Camille Parendier découvre un cadavre caché dans l’herbe. Il s’agit d’Auguste Féraud, disparu de l’hôpital depuis deux mois. On suppose qu’il est tombé d’un mur qui surplombe le roc.
 

Au hameau des Bernard à Chorges, en allant labourer son champ, Monsieur Combes trouve un inconnu pendu à un noyer. Le malheureux a laissé un message mystérieux : “Heure décisive, le mort ne parlera plus”.
 

À Châteauroux, on tire le bilan de la saison estivale. Près de 600 touristes ont séjourné dans le village. Ils y ont dépensé près 400 000 francs, soit dans les 450 000 euros actuels. Hélas, s’ils viennent, c’est pour le cadre, mais ne sont guère satisfaits de leur séjour. Pour le sous-préfet d’Embrun, le village doit élargir les routes, intensifier l’éclairage électrique, planter des arbres, installer le tout-à-l’égout et éliminer les tas d’ordure autour des maisons.
 

Au 54 rue de la Liberté à Embrun, Monsieur Rispaud a installé un atelier de fabrication de boîtes en carton. “Les ouvrières n’auront qu’à se pourvoir d’une chaise, qui sera étiquetée à leur nom et qui restera à l’atelier, pour leur usage”, précise La Durance.


►Les débuts chaotiques de l’aviation

Roger  Ronserail devait venir survoler Embrun le 30 septembre avec son coucou, pour annoncer une journée de l’air autour de l’aviation. À la suite d’une panne, il a dû atterrir près de Gap. Quand il reprend son envol, il perd alors son hélice. L’avion se fracasse. Le pilote a deux côtes enfoncées et une jambe brisée. Et en plus la manifestation est finalement annulée pour cause de mauvais temps. C’étaient les débuts hasardeux de l’aviation. On appelait alors les pilotes, les “fous volants”.
 

Le journal rappelle que le samedi 6 octobre, il faudra reculer sa montre d’une heure pour passer à l’heure d’hiver.

Publié le 17/10/2023 16:07  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du mardi 3 octobre 2023 (Bernard Brabant)
 

Vie chère et faits divers font l’actualité d’il y a 100 ans
 

Régulièrement, nous prenons des nouvelles de l’actualité d’il y a 100 ans publiée par l’hebdomadaire embrunais La Durance que l’on peut consulter en ligne sur le site des Archives départementales des Hautes-Alpes.


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Les “magasins économiques” à Embrun en 1932. Une enseigne qui parle aux Embrunais qui se plaignent de la vie chère.  
Photo Archives départementales côte 29-291


Après les grosses chaleurs du mois d’août et les feux qui ont parcouru quelques-unes de nos forêts, on prépare la rentrée en septembre 1923. Les habitants se plaignent de la vie chère.


“C’est entendu, tout est cher”, se plaint l’hebdomadaire La Durance. Ce n’est pas nouveau : “Ce mouvement de hausse s’était d’ailleurs produit de 1905 à 1914, et si vous relisiez les journaux de cette époque, vous verriez que l’on parlait déjà de « la vie chère ».”


►L’école primaire ouvre une section agricole


On prépare la rentrée scolaire qui a lieu traditionnellement début octobre. Au mois de septembre, la plupart des enfants aident leurs parents à la ferme. L’école primaire va ouvrir une section agricole. Elle “reçoit des enfants de 11 ou 12 ans, qui étudient la chimie agricole, l’agriculture théorique, la comptabilité agricole et acquièrent une certaine expérience ou pratique professionnelle”, annonce fièrement son directeur.


Les habitants de Châteauroux ont accompagné à sa dernière demeure Victor Turcan. Il a beaucoup fait pour la commune rappelle le journal : “Agrandissement de l’avenue de la Gare, construction d’un pont sur la Durance pour relier la commune de Châteauroux à celle de Saint-André, etc.”


Côté faits divers, le jeune Émile Tronc, qui, comme son nom l’indique, est employé dans une scierie, a eu deux doigts sectionnés.


À Saint-Apollinaire, pour une question d’arrosage, Antoine Astier a donné un coup de poing en pleine figure au garde champêtre François Valentour qui a dressé un procès-verbal.


On signale un vol de quatre à cinq kilos de lard commis au préjudice de Michel Albert, entrepreneur de transport à Savines. Une enquête est ouverte.


À la foire d’Embrun, les “coupeurs de poche de vestes et de gilets” ont opéré. Émile Fortoul, des Orres, André Anthoine et Auguste Roland, de Châteauroux, ont ainsi été délestés de leur portefeuille.


Heureusement, il y a des gens honnêtes : un jeune garçon a trouvé une bague de haute valeur au jardin de l’Archevêché. Il l’a remise à son propriétaire sans demander de récompense.


Aux Orres, une brebis et son agneau ont été trouvés. Il suffit de les réclamer auprès de Désiré Fortoul, le garde champêtre.


Autre bonne nouvelle : la troisième session des assises des Hautes-Alpes qui devait s’ouvrir le 28 septembre n’aura pas lieu. Faute de crime.

Publié le 04/10/2023 09:21  - aucun commentaire - |     |

►Ce week-end des 16 et 17 septembre l'Association de Sauvegarde et d'Etudes du Patrimoine de l'Embrunais a organisé des visites de la Tour médiévale commentées par notre président Jean-Paul BLANC.


 

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Dimanche ensoleillé,
devant l'ancien abattoir

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Samedi pluvieux,
devant l'entrée du tunnel d'accès

Publié le 18/09/2023 16:13  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du vendredi 8 septembre 2023 (Bernard Brabant)
 

Il y a 80 ans, les Allemands chassaient les Italiens pour occuper Embrun

Début septembre 1943, les Italiens changent de camp. Conséquence : dans la nuit du 8 au 9 septembre, les soldats italiens s’enfuient d’Embrun qu’ils occupaient, pour ne pas être faits à leur tour prisonniers par les Allemands. Le lendemain, les Allemands prennent possession de la ville.


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La caserne Delaroche où logeaient les troupes italiennes et allemandes. Reconstitution dessin Bernard Brabant


“Acasa !” C’est le mot d’ordre chez les soldats italiens. La plupart sont contre la guerre et l’occupation. “La troupe est lasse de la guerre et aspire à rentrer dans ses foyers, quelle que soit l’issue de ce conflit qui tourne au désavantage de l’Italie”, note le colonel Béraud.
 

Les Allemands ont pénétré à Gap ce mercredi 8 septembre. À Embrun, c’est la débandade. Les Italiens ouvrent les portes de la caserne Lapeyrouse transformée en prison et libèrent les 229 prisonniers. Ils recommandent même aux Embrunais de brûler les archives et les dossiers concernant les prisonniers libérés, pour que les Allemands n’en reprennent pas la chasse.
 

Les transalpins abandonnent leur matériel. “Le Lieutenant Eymin, aidé par messieurs Chevallier (le père), Vidou et Désiré Manuel réussissent à pénétrer dans les casernes et le central téléphonique pour récupérer des fusils et des milliers de cartouches qui sont cachés dans le grenier de la maison Eymin route de Saint-André”, écrit l’historien local Jean Vandenhove.
 

Les soldats Alpini échangent leurs uniformes contre des habits civils. Ils sont parfois aidés par la population qui a plus de haine envers les Allemands.
 


►Les Hautes-Alpes ne sont plus dans la fausse paix italienne

 

Les uniformes vert-de-gris apparaissent à Embrun dès le lendemain. Environ 150 militaires de la Wehrmacht et une antenne de la Gestapo s’installent dans les casernes Delaroche et Surian.
 

Les Allemands demandent aux habitants de restituer le matériel laissé par les Italiens en fuite. Sans grand succès : les armes subtilisées serviront au maquis des Orres, dirigé par le lieutenant Eymin.
 

Couvre-feu, chasse à ceux qui refusent de partir pour le Service du travail obligatoire en Allemagne. Les Résistants sont traqués. Les Hautes- Alpes ne sont plus dans la fausse paix italienne. Les Juifs jusque-là épargnés par les Italiens sont recherchés. L’occupation allemande sera plus tragique même dans l’Embrunais avec notamment la rafle des maquisards du Boscodon en mai 1944.

Publié le 08/09/2023 16:00  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du mardi 24 août 2023 (Bernard Brabant)
 

Il y a 100 ans, la chaleur accablante provoque des feux de forêt dans l'Embrunais
 

Alors qu’un important feu de forêt sévit à Crots depuis ce mercredi 23 août 2023, il y a 100 ans, en août 1923, avec la chaleur accablante les feux de forêt se multiplient aussi. Le train met le feu à une maison quand il ne déraille pas à Châteauroux. Les automobiles en folie se jettent sur les arbres. C’est ce que nous apprend l’hebdomadaire embrunais La Durance.


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Excursion à la Fontaine de l’ours en 1929. Un lieu touristique très prisé.  Photo Archives départementales côte 21FI-1395


“La température accablante que nous subissons depuis plus d’un mois se fait fortement sentir ces jours-ci, 30 à 34 degrés à l’ombre”, se plaint l’hebdomadaire en août 1923, il y a 100 ans. Des feux de forêt sont à signaler. Un hectare de bois est détruit du côté de la Fontaine de l’ours. D’autres feux dans les forêts de Saint-Sauveur et des Orres causent quelques dégâts.
 

Est-ce dû à la chaleur ? Le journal parle des feux de forêt qui se multiplient partout en France et rappelle les consignes données par le ministère de l’Agriculture : “Faites des tranchées, découpez vos bois en secteurs, séparés par de vastes tranchées.
”

Ce jeudi 16 août 1923, l’incendie qui a détruit la maison Tasque du côté du Chadenas, n’est pas dû à la canicule. Cette maison est à 100 mètres de la voie ferrée. D’après les témoins, “les causes de l’incendie sont dues aux étincelles du fourneau de la locomotive du train de 13 h 30”. Un train qui avait déjà déraillé quelques jours auparavant à Châteauroux à la suite d’une erreur d’aiguillage : “La machine s’est engagée sur une voie et les wagons sur l’autre sans provoquer d’accident de personne.”


►“Cette année, les autos sont en folie furieuse”

Les chaudes températures favorisent le tourisme : “Nombreux sont les touristes, automobilistes, qui sillonnent nos routes et cols alpestres, viennent respirer l’air pur de l’Embrunais et jouir de ses hautes altitudes.”
 

Pour les courses et excursions, Monsieur Marais, rue de la Liberté, à Embrun, organise avec ses “voitures publiques” des excursions vers la Fontaine de l’ours, les cascades de Châteauroux, Crévoux, Les Orres, le lac de Siguret ou le plan de Phazy.
 

Alors, la voiture est-elle plus fiable que le train ? Pas sûr pour le journal qui déplore, sans nuances, une série effroyable d’accidents : “Cette année, les autos sont en folie, en folie furieuse. Elles se cabrent, capotent, sautent sur les arbres, se retournent, volent en éclat, se jettent l’une contre l’autre et réduisent en miettes les voyageurs qu’elles portent.” L’auteur de l’article n’aurait-il pas aussi quelque peu dérapé ?

Publié le 24/08/2023 12:02  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du mercredi 26 juillet 2023 (Bernard Brabant)


 

Embrun : pourquoi la ville a rasé ses remparts il y a 140 ans ?


 

Fin 19e, Embrun s’est lancé dans un vaste chantier : raser une grande partie de ses remparts. Mais ce n’était pas pour  l’arrivée du chemin de fer.


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L’ancienne porte fortifiée pour entrer dans Embrun en venant de Gap. Un peu comme l’entrée actuelle de Mont-Dauphin. 
(Illustration Archives départementale côte 39/202)


 

La ligne de chemin de fer, inaugurée en juillet 1883 à Embrun, effleurait à peine les remparts du côté du bastion. Pourquoi la municipalité a-t-elle pourtant décidé de détruire la partie nord des remparts, surtout entre la porte de Gap et celle de Briançon ?


Depuis 1880, par décret, Embrun n’est plus une place forte militaire. Et ce n’est pas une surprise. La ville assiégée en 1692 n’avait tenu que 11 jours face aux troupes du duc de Savoie. Vauban avait d’ailleurs déclaré que cette ville fortifiée était “la plus mauvaise place [qu’il] connaisse”.


►« Embrun va avoir son périphérique »

 

L’armée cède trois hectares de terrain pour installer la gare. La ligne de chemin de fer a une importance stratégique. C’est le seul moyen de transport pour amener rapidement troupes et matériel vers la frontière. Les autres remparts et emplacements sur lesquels ils sont bâtis ne sont plus des terrains militaires. La ville en rachète pour les raser et construire les écoles Cézanne et Louis Pasteur (Jules Ferry vient d’instituer l’école laïque et obligatoire).
 

D’autres terrains sont vendus aux enchères aux particuliers comme vers le chemin du tour-des-portes.
 

L’idée est de faire une ville ouverte et moderne comme Gap. Il y a peu de débats. “Pourquoi ne pas laisser à la ville son antique cachet ?”, demande un lecteur du journal La Durance en 1878. “[…] Inutile de faire du sentiment pour des murs destinés à tomber en ruines et qui, ne remontant pas à une époque reculée, ne rappellent aucun grand souvenir historique”, rétorque le conseiller municipal Ollier.
 

La place libérée permettra en 1893 de créer le boulevard des Aires (boulevard Pasteur), qui réjouit cet Embrunais : “La ville d’Embrun va avoir son boulevard périphérique extérieur. Paris a bien le sien”.


►Une destruction des remparts qui n’empêchera pas le déclin d’Embrun


Les portes de Gap et de Briançon sont détruites. Toute cette modernité n’empêchera pas le déclin d’Embrun la mal-aimée. Elle perdra la maison centrale, les casernes, son tribunal et sa préfecture.
 

La ville prendra un nouveau départ dans les années 1960 avec le plan d’eau et les stations de sport d’hiver. Et, si Embrun avait gardé ses remparts, comme Aigues-Mortes, cela aurait été un atout touristique supplémentaire.
 

Quand la décision a été prise, il était difficile d’imaginer cet avenir pour une ville alors décriée, avec ses écuries, ses rues sombres et malodorantes, à en croire les témoignages d’époque.

Publié le 26/07/2023 11:34  - 2 commentaires - |     |

►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du dimanche 9 juillet 2023 (Bernard Brabant)


 

Il y a 100 ans, la distribution du courrier était rétablie le dimanche


 

Le dimanche 8 juillet 1923, l’hebdomadaire La Durance annonçait la saison touristique et faisait état de progrès tel que le poste TSF.


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La poste d’Embrun, située de 1905 à 1956 place Mazelières. En 1923, on rétablit la distribution du courrier le dimanche.  (Photo Archives départementale côte 39/269)


En 1923, on recommence à distribuer le courrier le dimanche. Aux Orres, on déchire les bulletins météo. C’est ce que l’on peut lire dans l’hebdomadaire La Durance de l’époque.


En juillet 1923, on prépare la saison touristique. L’office du tourisme demande aux habitants de faire quelques progrès : « Débarrassez […] les rues de toutes ordures, et que l’aspect de vos demeures atteste la salubrité de vos pays. »


Aux Orres, Monsieur Michalon a construit un poste TSF. Une nouveauté pour l’époque. Une radio qui permet de capter les ondes parisiennes émises depuis la tour Eiffel. Le village vient en profiter pour écouter des concerts et autres émissions. Les annonces météos sont même transcrites sur un bulletin affiché à la porte de la mairie. Hélas, celui-ci est déchiré à chaque fois par des “arriérés saboteurs”, raille le journal La Durance. “Souhaitons que la tour Eiffel transmette bientôt le prix des vaches et des petits cochons. Voilà qui pourrait au moins intéresser ces ennemis du progrès”.


Dimanche 8 juillet, on se rassemble à 1 heure du matin place Saint-Marcellin. C’est le pèlerinage de la Saint-Guillaume. Cinq heures de marche plus tard, on arrive aux Séyères. Faute de voitures et de route carrossable, on y allait à pied, à cheval ou avec des mulets. On pouvait alors faire étape dans les cafés et rentrer en zigzaguant. On ne risquait pas de faire d’accidents.


►Le retour de la distribution le dimanche

 

Autre progrès annoncé par l’hebdomadaire : “La distribution du dimanche est rétablie dans les campagnes à partir de dimanche 8 juillet, dans toutes les communes. Toutes les boîtes rurales seront levées. Il est rappelé que la distribution du dimanche comprend les lettres missives, les cartes postales et les journaux expédiés par les éditeurs”. Cent ans plus tard, on espère juste voir passer le facteur au moins une fois dans la semaine.


“Voulez-vous avoir le sourire ? Le teint frais ? Le sang pur ? ”, demande dans une publicité la pharmacie centrale des Alpes située à Embrun. Elle propose pour remède de prendre deux à trois fois par semaine le “thé des moines de Boscodon”. Faut-il préciser qu’il y a 100 ans, il n’y avait pas plus d’arbustes à thé dans la forêt de Boscodon que de moines à l’abbaye alors désaffectée ?

Publié le 09/07/2023 11:56  - aucun commentaire - |     |

►Article paru dans LE DAUPHINE LIBERE du lundi 26 juin 2023 (Par Bernard  Brabant)
 

À Crots, comment la pompe à incendie fonctionne… cent ans après !


Depuis plus d’un an, les bénévoles de l’association de sauvegarde du patrimoine de Crots (Aspec) ont restauré la pompe à incendie de 1924. Explications.


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L'eau est amenée par une chaine humaine qui se passe les seaux. Elle est versée dans la cube à travers des panoersqui jouent le rôle de filtre. La pope est actionnée par des bras de balancier. Comme pour amener les seaux, la population est mobilisé pour se relayer. (Photos Le DL/Bernard Brabant)


Les habitants de Crots ont assisté au “retour de la pompe dans son abri”, ce week-end. La pompe à incendie de 1924 marche parfaitement, puisque les Crétorins ont été invités à se joindre à la manœuvre pour assister des pompiers habillés d’époque. La pompe est alimentée par une chaîne humaine qui se passe les seaux d’eau que l’on vide dans une cuve en cuivre. Quatre volontaires actionnent les bras du balancier pour refouler sous pression l’eau dans un tuyau. Le jet monte tout de même à une dizaine de mètres de hauteur


►Elle était utilisée pour limiter la propagation
 

« Si elle n’était pas très efficace pour éteindre l’incendie, cette pompe était surtout utilisée pour empêcher le feu de se propager aux autres bâtiments », souligne Jeanine Riou, présidente de l’Aspec. Une pompe utilisée jusqu’aux débuts des années 1960.

Ce dimanche, l’engin a réintégré – en grande pompe – son abri datant de 1932, restauré pour l’occasion également par l’Aspec. On peut observer ce patrimoine sur la gauche de la route allant à la Montagne, au niveau du hameau des Catalans.


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La pompe est prévue pour être attelée à un cheval. Le plus souvent, elle était tirée vers le lieu de l'incendie par des hommes, faute de bêtes disponibles.
 

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La pompe est remisée dans l'abri qui a été ainsi rénové.
On peut l'admirer par les fenêtres. Des panneaux explicatifs sont affichés.

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La pompe permet de faire un je d'eau.
Avant, on jetait au plus près des seaux d'eau directement sur l'incendie.


 

Publié le 28/06/2023 10:02  - aucun commentaire - |     |

 Le Lions club remet un chèque à la commune pour la cathédrale
 

Le Lions club Embrun - Val de Durance, dans le cadre de ses actions de sauvegarde du patrimoine, a remis mardi 13 juin un chèque de 3 000 euros à Chantal Eyméoud, maire d’Embrun.


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Un nouveau chèque de 3 000 euros a été remis par le Lions club Embrun Val de Durance pour la fresque de l’Annonciation de la cathédrale Notre-Dame du Réal. ( Photo Le DL /Marc Morbelli)


La cathédrale Notre-Dame du Réal, joyau d’Embrun, fait l’objet d’une rénovation de sa façade ouest et de son clocher. Le Lions club Embrun Val de Durance a remis une contribution de 3000 euros à la maire Chantal Eyméoud devant le porche aux lions de la cathédrale. Aurore Zyga, vice-présidente du Lions club, était accompagnée de plusieurs membres de l’association. Christian Parpillon, 2e  adjoint en charge de l’urbanisme et des travaux, Jehanne Marrou, adjointe à la culture et au patrimoine et Guy Baumstark, directeur de cabinet de la mairie, étaient également présents.


Le Lions club vient ainsi apporter son soutien à la rénovation de la fresque de l’Annonciation datée du XVe  siècle et située dans le tympan de l’entrée ouest de l’édifice religieux. Par convention avec la commune, il contribue à hauteur de 9 000 euros pour cette œuvre d’art. Le 1er  décembre 2020, en effet, une première contribution de 3 000 euros avait été versée et la troisième interviendra dans quelques mois.
 

►L’université d’été Lions de la musique revient en juillet
 

« Cette contribution pour notre cathédrale est un geste fort de la part du Lions club et de ses membres, a commenté Aurore Zyga. Cet argent provient de diverses actions sur le territoire pour lesquelles chaque bénévole s’investit. Nous économisons et pouvons ainsi participer à la sauvegarde du patrimoine. Nous contribuons aussi à l’animation de la cathédrale en organisant des concerts comme avec notre université d’été Lions de la musique. Le concert d’ouverture se tiendra le 23 juillet prochain. »


►Article paru dans LE DAUPHINE LIBERE du samedi 17 JUIN 2023 (Marc Morbelli)

Publié le 17/06/2023 10:05  - aucun commentaire - |     |