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►L’Assemblée Générale de l’Association de Sauvegarde et d’Etudes du Patrimoine de l’Embrunais s''est déroulée ce jeudi 14 novembre à la Maison des Chanonges à Embrun.
Article paru dans le DAUPHINE LIBERE du mardi 19 novembre 2024 (Marc Morbelli) :

L’Asepe en assemblée générale pour valoriser le patrimoine embrunais
Jean-Paul Blanc aux côtés de Chantal Eyméoud (au centre) lors de cette assemblée générale, et les participants. (Photo Le DL Marc Morbelli)
Ce jeudi 14 novembre à la Maison des Chanonges à Embrun s’est déroulée l’assemblée générale de l’association de sauvegarde et d’études du patrimoine de l’Embrunais (Asepe) présidée par Jean-Paul Blanc. Chantal Eyméoud, maire d’Embrun et plusieurs élus municipaux, Marc Viossat, conseiller départemental, et une vingtaine de personnes y ont assisté.
L’objectif de l’association est de mettre en œuvre tous les moyens visant à assurer l’étude, la protection, l’animation, la mise en valeur et la restauration de tout élément du patrimoine présentant un intérêt historique, archéologique, ou plus largement culturel du canton d’Embrun et de contribuer à la vie culturelle d’Embrun. L’association compte 102 adhérents, et 96 abonnés à son journal trimestriel “La Durance”. Cette publication, créée en 1872 par Adrien Jugy, a été remise au goût du jour au début des années 90 par Jean Vandenhove, historien local. Elle relate avec des récits réactualisés l’histoire de l’Embrunais, les usages d’autrefois, et diverses informations plus actuelles en lien avec le patrimoine. La responsabilité en a été confiée à Maurice Fortoul depuis la précédente assemblée générale.
Les comptes présentés par le trésorier Hubert Delesalle sont au vert « Nous sommes économes » dit-il.
Le président Jean-Paul Blanc a présenté les activités nombreuses et variées de l’association. Une invitée Catherine Briotet, conservatrice des Antiquités et œuvres d’art de la Drac 05, a présenté son service, ses missions, et ses modes d’interventions. Embrun est pour elle, « un lieu emblématique des Hautes-Alpes. Plus de 250 objets ont été inventoriés et répertoriés, avec le recollement nous nous assurons que les objets soient bien présents. Embrun est assez compliqué car diverses périodes de classements sont intervenues en fonction de lois. C’est assez long mais on arrive au bout » dit-elle.
⇒ Voir le compte-rendu de l'A.G.
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du lundi 29 mai 2024 (Marc Morbelli)
Le public friand de patrimoine
Les explications sur les travaux de la cathédrale par les Compagnons de Castellane. L’échafaudage autour du clocher a culminé à 64 mètres pour les travaux. Photo Le DL/M.M.
Le service patrimoine des communautés de communes de Serre-Ponçon et du Guillestrois-Queyras a proposé plus d’une trentaine d’animations dans le cadre des Journées du patrimoine, samedi et dimanche. La restauration de la cathédrale Notre-Dame du Réal était explicitée par deux membres de l’entreprise Les Compagnons de Castellane sur le parvis de cet édifice religieux.
Une conférence à la Maison des Chanonges a fait le point sur les découvertes de l’inventaire du patrimoine religieux. Julie Aycard s’est intéressée aux églises les plus anciennes et à l’introduction de l’art gothique à Serre-Ponçon. L’histoire de la restauration de la Tour médiévale de l’abattoir a été présentée par Jean-Paul Blanc, président de l’association de sauvegarde et d’études du patrimoine embrunais. Il a également proposé une visite de la salle de l’Abattoir au pied de ville. Là, il a pu expliquer la création du rempart d’Embrun, de la Tour et des bâtiments autour.
Dimanche, le public est venu nombreux en matinée place Barthelon admirer une exposition de véhicules anciens, autos, motos, mobylettes, proposée par l’Amicale des vieux rétroviseurs.
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du lundi 20 mai 2024 (Bernard Brabant)
Il y a 100 ans mourrait l’ingénieur Gilbert Planche, arrière-grand-père de Carla Bruni
Le 11 mai 1924, après une campagne houleuse dont l’hebdomadaire embrunais La Durance se fait l’écho, Gilbert Planche est réélu député. Il meurt 13 jours plus tard. Même s’il fut parfois controversé, c’est à cet ingénieur de génie que L’Argentière-la-Bessée doit son développement économique.
Gilbert Planche. Il y a 100 ans, à peine réélu député, il meurt après une campagne électorale. Photo Assemblée nationale
En mai 1924, pour les élections législatives, les Haut-Alpins doivent élire trois députés. Le 2 mai, le théâtre accueille une réunion des candidats “républicains de gauche” : Paul Caillat, député sortant, Pierre Cot et Maurice Petsche. Ils sont soutenus par le sénateur Bonniard. L’ancienne église Saint-Donat est remplie. Paul Caillat rend compte de son mandat “souvent en termes heureux”, écrit La Durance. Monsieur Petsche fait ensuite un “magistral exposé sur la situation économique de notre département”. Quant à Monsieur Cot, “sa réputation est bien trop établie pour que nous ayons à faire ici son éloge”.
Mais dans la salle se sont invités les trois candidats du Cartel des gauches : Léon Cornand, Louis Cluzel et Gilbert Planche, député sortant.
Pour le journal, si les trois candidats républicains ont évité “de prononcer à l’égard de leurs adversaires une seule parole injurieuse“, côté Cartel des gauches, il n’en est pas de même : le citoyen Cluzel “injurie grossièrement le vénéré sénateur Bonniard”, qui le traite de menteur. Le dénommé Cluzel “chancelle ; la riposte le surprend”, raille le journaliste qui ajoute : “Si on les touche si légèrement que ce soit, ils crient comme des putois”. On a compris pour qui penche l’hebdomadaire, très confiant dans son pronostic : le Cartel sera écrasé “aussi bien à Gap et à Briançon qu’à Embrun. […] leur bluff ne trompe personne”.
Raté : le 11 mai, les trois candidats du Cartel sont élus avec 55 % des voix. Le lendemain, Gilbert Planche fait un malaise et meurt quelques jours après, à 58 ans. L’hebdomadaire avait soutenu le candidat Gilbert Planche, trois ans auparavant.
Arrière-grand-père de Carla Bruni
Homme d’affaires, Gilbert Planche fut controversé. Il a dû verser 600 000 francs d’amende (630 000 €) à l’État pour des marchés non tenus. Il a construit des lignes de chemin de fer en Afrique avec procès à l’appui, ainsi qu’en France. Il gagne un procès contre le conseiller général Valentin Chabrand qui l’avait accusé d’avoir versé des pots-de-vin lors de la construction du fameux viaduc de Chanteloube. Mais c’est un ingénieur précurseur. L’Argentière-La-Bessée lui a dressé un monument, car la ville lui doit sa centrale électrique qui permettra de construire une usine d’aluminium dès 1909. Gilbert Planche est par ailleurs l’arrière-grand-père de Carla Bruni, la femme de Nicolas Sarkozy.
►Article paru dans le DAUPHINE LIBERE du dimanche 19 mai 2024 (Marc Morbelli)
« Savoir d’où l’on vient pour bien vivre aujourd’hui »
René Martel (premier à gauche) représentait le Félibrige maintenance de Provence 04 et 05, l’association qui promeut le provençal. Photo Le DL /Marc Morbelli
René Martel était présent en tant que représentant du Félibrige maintenance de Provence 04 et 05, l’association qui promeut le provençal. « Le Félibrige est très heureux et fier de voir honorer Frédéric Mistral pour les 110 ans de sa mort et les 170 ans de la création du Félibrige, a-t-il indiqué. Nous sommes la plus ancienne association de promotion du provençal. C’est un très grand plaisir de voir les félibres tenir une grande place, ici, dans les Hautes-Alpes. C’est remarquable. Frédéric Mistral était un grand poète, prix Nobel de littérature en langue régionale. Pour lui, la langue et la culture, c’était très important. Et c’est primordial de faire voir et savoir d’où l’on vient pour bien vivre aujourd’hui. Sa disparition en 1914 a été cruellement ressentie. » Le Félibrige attribuera très prochainement le label “Cité mistralienne”, annonce-t-il sans pour autant dire qui sera désigné. Embrun, peut-être ?
►Article paru dans le DAUPHINE LIBERE du dimanche 19 mai 2024 (Marc Morbelli)
Frédéric Mistral au cœur d’une exposition dédiée au provençal
Jeudi 16 mai, en fin d’après-midi, l’exposition “Frédéric Mistral et les Alpes” a été inaugurée à la maison des Chanonges.
Les enfants de l’école municipale de musique et danse d’Embrun ont chanté en ouverture du vernissage de l’exposition. Photo Le DL /Marc Morbelli
Frédéric Mistral, écrivain et poète, s’exprimait en Provençal. Chantre de la Provence, il est devenu un personnage emblématique de celle-ci. Né le 8 septembre 1830, à Maillane (Bouches-du-Rhône), il y décédera le 25 mars 1914. Il a été fait chevalier de la Légion ‘'honneur en 1863 et a remporté le prix Nobel de littérature en 1904 pour son œuvre Mirèio. Il a créé en 1854 le Félibrige avec quelques autres écrivains et poètes. Il s’agit, encore aujourd’hui, d’une association qui œuvre pour la sauvegarde et la promotion de la langue, de la culture et de tout ce qui constitue l’identité des pays de langues d’oc et provençale. Voici l’objet de cette exposition présentée à Embrun.
De tout temps, des liens étroits ont existé avec les Alpes et ses poètes, en particulier la ville d’Embrun avec Auguste Thouard et Clovis Hugues. Un hommage leur est rendu avec cette exposition. Elle est complétée avec des costumes traditionnels des Hautes-Alpes.
La Ville candidate pour obtenir le label “Cité mistralienne”
Lors du vernissage, les enfants de l’école municipale de musique et danse d’Embrun, dirigée par Stéphane Delval, ont interprété deux chants : Vivre ensemble et l’hymne provençal La Coupo Santo. Le représentant du Félibrige maintenance de Provence René Martel était présent, ainsi que de nombreux félibres haut-alpins venus en costumes, dont le majoral haut-alpin du Félibrige Michel Desplanches, recteur du sanctuaire de Notre-Dame du Laus.
À la suite de la visite de l’exposition à la cure, ont été prononcés les discours. Chantal Eyméoud, maire d’Embrun, en a profité pour indiquer que la commune était candidate au label “Cité mistralienne” [Lire par ailleurs]
Exposition visible jusqu’au 31 août prochain, selon les horaires suivants : en mai et juin du mercredi au samedi, de 15 à 18 h, et en juillet et août, du mardi au dimanche, de 16 à 19 h. Fermée les jours fériés.
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du lundi 23 mars 2024 (Bernard Brabant)
Au cœur de l’affaire de la dinde de la place Dongois
Cela s’est passé le 27 novembre 1891, place Dongois. L’hebdomadaire La Durance de l’époque a titré : “Histoire d’un crime”. Un titre ironique pour une affaire passée en justice. Pas en cours d’assises, non, seulement au tribunal de police. La victime n’était qu’une pauvre dinde.
À coups de balai, elles volèrent dans les plumes de la dinde… Dessin Le DL/Bernard Brabant.
La dinde appartenait au camionneur Royer. Comme il ne lui donnait rien à becqueter, elle picorait de quoi se remplir le gésier entre la rue des Veillées et la place Dongois. À cette époque, Embrun se prenait pour une ville et avait un commissaire de police. Son dada était de veiller à la propreté des rues et ruelles. C’est pourquoi il appréciait cette dinde vagabonde. Il estimait qu’elle participait au nettoyage en avalant les déchets balancés derrière les réverbères par les indélicats. Cela n’en faisait pas une dinde dodue. Non, elle restait maigre. Un jour, notre dinde dégourdie se faufila par un portail entrouvert. Elle découvrit un paradis pour dinde. Un jardin avec des rangées de salades, petits pois et autres délices. Dès qu’elle le pouvait, elle se faufilait pour visiter ce jardin d’Éden. Vous pensez bien que se faire voler par une volaille déplut aux demoiselles Raviol, propriétaires dudit jardin. Elles décidèrent de se débarrasser de l’oiseau de malheur.
►Un commissaire dindophile
Le vendredi 27 novembre 1891, à coups de balai, elles volèrent dans les plumes de la dinde venant faire son petit tour gastronomique. La bête se défendit becs et ailes. Elles appelèrent en renfort leur locataire, Madame Rolland. On a beau être dure à cuire, le cœur de la pauvre dinde lâcha. La bête fut plumée.
Les commères du quartier gloussèrent d’indignation. Leurs cancans arrivèrent aux oreilles du camionneur Royer. Il alla trouver le commissaire de police dindophile qui se rendit chez les demoiselles et ladite Madame Rolland. Sur sa table, les poulets découvrirent le corps du délit : celui de la dinde. Madame Rolland fut amenée au poste. C’était une dame respectée. Son mari avait été assassiné quelques mois auparavant au Tonkin. La veuve dindicide passa devant le tribunal et fut acquittée en première et seconde instances. Car le camionneur avait fait appel.
La Fontaine écrivait “Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir”. La pauvre dinde, qui n’était que de basse-cour, fut sacrifiée sur l’autel de la justice. Comme concluait le journal La Durance : “Qu’importe, pauvre dinde, je crains fort que malgré la sympathie qu’on te témoigne, tu ne sois comme toujours la dinde de la farce !”
On peut consulter La Durance en ligne sur le site des Archives départementales des Hautes-Alpes.
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du lundi 11 mars 2024 (Bernard Brabant)
Que s’est-il passé il y a 100 ans ?
À Baratier, on se met enfin d’accord sur l’emplacement du monument aux morts. À Embrun, on organise un bal qui fortifie les muscles et le moral. Des publicités prennent soin de notre santé et de notre portefeuille. Voilà ce que l’on peut lire dans l’hebdomadaire embrunais La Durance en mars 1924
En mars 1924, La Durance rapporte que les chefs de famille, convoqués par le maire, se sont enfin mis d’accord sur l’emplacement du monument aux morts. Photo Le DL/B.B.
Il y a 100 ans, dans l’hebdomadaire La Durance un article nous apprend que le maire de Baratier, Monsieur Blanc, a convoqué les chefs de famille de la commune. Les 32 membres présents lors de la réunion qui s’est déroulée fin février se sont mis d’accord sur l’emplacement du monument aux morts et ont ouvert une souscription.
►Un bal de village “pas une copie maladroite des dancings jazz-bandesques des grands centres”
À Paris, les délégués anglais, belges, hollandais et français se rencontrent pour décider de la date du passage à l’heure d’été. Ce sera la nuit du 29 au 30 mars. Tous les pays sont d’accord… sauf l’Angleterre qui changera d’heure au mois d’avril.
Mardi gras, tombe un 4 mars. À cette occasion, l’Union sportive embrunaise organise un bal masqué. “Il sera l’exemple de ces plaisirs sains et familiaux, comme en connaissent encore nos petites villes, et non pas […] une copie maladroite des dancings jazz-bandesques des grands centres”, se réjouit le journal. Car c’est un bal “où l’on se sent heureux d’être homme, d’être français, d’être provincial. […] Non seulement les danseurs fortifieront leurs muscles et leur moral, mais ils aideront les jeunes embrunais à devenir robustes.” Rien que ça.
Il n’y a pas que le bal, qui est bon pour la santé. “Voulez-vous avoir le sourire ? Le teint frais ? Le sang pur ? Prenez deux ou trois fois par semaine, le soir en vous couchant, une infusion de thé des moines de Boscodon.” Voilà ce que promet le pharmacien embrunais Masson dans une publicité. Le nom qu’il a donné à sa boisson tient du conte d’apothicaire : à cette époque, dans l’ancienne abbaye délabrée, il n’y avait pas plus de moines que de théiers.
Dans une autre publicité, “l’éminent spécialiste de Paris en prothèse oculaire et auriculaire, M. Daumont” promet de faire entendre les plus sourds. “Après un examen minutieux et mathématique”, il peut vous rendre la vue normale. “Il sera présent à l’Hôtel des négociants le 29 mars.”
Une autre publicité annonce qu’on peut nous acheter des peaux d’écureuils bien séchées et tendues. Voilà une façon bien cruelle de se servir d’un écureuil pour mettre de l’argent de côté. C’était avant la Caisse d’épargne.
On peut consulter La Durance en ligne sur le site des Archives départementales des Hautes-Alpes.
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du Dimanche 18 février 2024 (Bernard Brabant)
Quand les grossesses finissaient en “infanticide” ou “suppression d’enfant”
Que ce soit devant une cour d’assises pour “infanticide” ou un tribunal correctionnel pour “suppression d’enfant”, l’accusée était jugée par des hommes. Dessin Bernard Brabant
Alors que l’on va inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution, il est utile de rappeler ces drames qui défrayaient régulièrement la chronique, notamment au XIXe siècle.
Quand il pose un plancher au château de Picomtal des Crottes (l’ancien nom de Crots), Joachim Martin écrit au crayon ses souvenirs au dos des lattes : “En 1868, je passais à minuit devant la porte d’une écurie. J’entendis des gémissements. C’était la concubine d’un de mes grands camarades [qui] accouchait ”. Il s’agit d’un accouchement clandestin suivi d’un infanticide commis par le concubin. Ce n’est pas son premier crime, précise le menuisier : “Quatre [enfants] sont enterrés au dit écurie ”.
Ces accouchements non désirés, à la suite d’une grossesse cachée, se font souvent dans la solitude.
L’hebdomadaire de l’époque La Durance relate lui aussi ces drames. Élisabeth Hermitte est une jeune domestique de 19 ans, à Chorges. Elle avoue aux juges, en 1886, avoir eu des “relations intimes avec un jeune homme qui lui avait promis le mariage”. Elle accouche seule dans sa chambre chez ses maîtres et va “se mettre à table avec tous les membres de la famille”.
Parfois, la mère ne survit pas au drame. Un accouchement clandestin avec infanticide se termine dans le sang, rue Palluel à Embrun, en 1872. La jeune fille est retrouvée “poussant le dernier soupir dans les bras de son père”. A-t-il fait pression sur sa fille ? A-t-il assisté sa fille ? Est-il l’auteur de l’infanticide ? La justice retient la complicité et le condamne à 10 ans de travaux forcés.
►Elle préfère se jeter dans la Durance
En campagne, on peut cacher sa grossesse sous des habits plutôt larges. Mais on est aussi surveillé. La fille G… de Risoul a été accusée d’avoir en 1894 donné la vie à un enfant et de l’avoir supprimé. C’est la femme du mari fautif qui l’a dénoncée.
Certaines femmes ne supportent pas le déshonneur de passer en justice. En 1889, une veuve de 36 ans, du Petit-Puy, préfère se jeter dans la Durance. Elle laisse deux jeunes enfants.
Les infanticides ne sont pas exceptionnels, ils relèvent de la cour d’assises. Quand l’enfant né viable est retrouvé mort, mais qu’on ne peut prouver que la mort a été donnée volontairement, on parle de suppression d’enfant. C’est le délit de cacher sa maternité qui relève du tribunal correctionnel.En campagne, on peut cacher sa grossesse sous des habits plutôt larges. Mais on est aussi surveillé. La fille G… de Risoul a été accusée d’avoir en 1894 donné la vie à un enfant et de l’avoir supprimé. C’est la femme du mari fautif qui l’a dénoncée.
Certaines femmes ne supportent pas le déshonneur de passer en justice. En 1889, une veuve de 36 ans, du Petit-Puy, préfère se jeter dans la Durance. Elle laisse deux jeunes enfants.
Les infanticides ne sont pas exceptionnels, ils relèvent de la cour d’assises. Quand l’enfant né viable est retrouvé mort, mais qu’on ne peut prouver que la mort a été donnée volontairement, on parle de suppression d’enfant. C’est le délit de cacher sa maternité qui relève du tribunal correctionnel.
►Quand l’homme est complice, il est moins condamné que la femme
De toute façon, les accusées ne sont jugées que par des hommes, puisque les femmes ne peuvent être ni magistrates ni jurées. Les prévenues peuvent être condamnées à plusieurs années de prison aux assises, sauf circonstances atténuantes. Au tribunal d’instance, les peines vont du sursis à un an de prison. Quand l’homme est complice, il est moins condamné que la femme.
Élisabeth Hermitte, prévenue de suppression d’enfant, passe pourtant aux assises. Son avocat plaide la non-déclaration de la naissance d’un enfant mort-né à l’état civil. Le jury le suit. Élisabeth est libérée, après cinq mois de prison préventive.
“Une salle bondée de monde, où le sexe féminin était largement représenté, a suivi avec intérêt les débats de cette audience. Aussi, des marques d’approbation ont-elles accueilli ce dénouement ”, note le journal.
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du Dimanche 18 février 2024 (Bernard Brabant)
Les petits secrets de la place de la Mazelière d'Embrun
Elle s’est appelée place Saint-Martin, place des Comestibles puis de la Mazelière. Voici quelques petites histoires de cet endroit situé entre la rue Clovis-Hugues et la rue de la Liberté.

La place de la Mazelière au début du XX e siècle. Sur l’hôtel privé du marquis, on voit le dessus d’une tour carré. C’était une chapelle privée. Elle sera rasée après le legs de la demeure à la commune. (Archives départementales côte 39-00201)
Le premier nom connu de la place de la Mazelière fut place Saint-Martin, du nom d’une chapelle aujourd’hui disparue. Pour l’ancien historien Jean Vandenhove, elle était située dans le bâtiment qui abrite aujourd’hui la boucherie Ziga. Robert Blache, féru d’histoire, a une autre version : « Mon grand-père me disait que la place se trouve sur la chapelle qui a été rasée. Lors de travaux d’enfouissement de câbles, on aurait retrouvé des fondations. »
Sur cette place Saint-Martin est né Henri Arnaud, pasteur vaudois, héros de la Glorieuse rentrée. Une épopée menée au XVIIe siècle par des familles protestantes. De Genève, elles ont réussi à traverser les Alpes pour retourner dans leurs vallées en Italie, tout en étant pourchassées.
►Divers noms et différentes fonctions au fil du temps
On l’a ensuite appelée place des Comestibles, car elle accueillait le marché des légumes. Les paysannes les plus pauvres vendaient leur production en restant debout, pour ne pas payer l’emplacement.
On trouve sur la place une fontaine sur laquelle est gravé “à la mémoire des morts pour la défense de la patrie 1870-1871”. Elle a été érigée juste après la guerre. Dans l’hebdomadaire La Durance , Émile Guigues la mentionne, en novembre 1872 : “Nous qui savons que cette fontaine a été créée avec les fonds de la “souscription à la mitrailleuse” en 1870”. À cette époque, on pouvait se cotiser pour payer un canon mitrailleur à l’armée. Aucun nom n’est gravé sur ce monument. Jean Vandenhove a retrouvé le nom d’une victime de cette guerre : un certain Imbert de Chalvet.
►Avant la boucherie, la poste
Le 8 avril 1886, le conseil municipal décide de l’appeler place de la Mazelière, pour remercier le marquis André-Théodore Rous de la Mazelière qui a donné 24 000 francs afin de fonder une école dirigée par les Frères des écoles chrétiennes. Son fils, Antoine-Camille-Victor, est un érudit. Il a fait ses études au lycée Stanislas à Paris (celui qui s’est récemment trouvé au centre d’une polémique avec l’ex-ministre de l’Éducation nationale). À sa mort, en 1937, il lègue à la ville son hôtel particulier et 50 000 francs pour l’entretenir. Sa bibliothèque de 1 000 ouvrages est donnée aux Archives départementales. En 1939, la municipalité propose d’en faire un hôtel meublé. C’est la famille Martin qui répondra à l’offre.
De 1905 à 1956, la Poste se trouvait à l’emplacement de la boucherie actuelle. Durant la guerre, les Allemands ont installé une mitrailleuse sur le toit.

















