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►Article paru dans le DAUPHINE LIBERE du jeudi 12 décembre2024 (Marc Morbelli) :
Une causerie-conférence sur la création de Serre-Ponçon

Maurice Fortoul a animé la conférence face à une salle pleine. Photo Mairie Embrun service culture
Maurice Fortoul a animé une causerie - conférence à la Manutention sur le barrage et le lac de Serre-Ponçon. Il a retracé l’historique et l’élaboration de la construction du barrage au défilé de Serre-Ponçon et bien plus tard sa réalisation. Il faut revenir en 1856 à la suite des grandes crues de la Durance, les plus fortes connues en Haute-Durance pour qu’une telle idée se fasse jour. En 1857, il est étudié l’édification d’un barrage à son lieu actuel, site repéré pour sa configuration favorable. La première mission était de lutter contre le manque d’eau en Provence avec deux autres objectifs : maîtriser les crues et produire de l’électricité. La retenue n’était pas encore pleine qu’était créé à Embrun le Club nautique alpin, toujours actif 63 ans après. Le tourisme nautique et contemplatif allait connaître un développement important et majeur pour les Hautes-Alpes.

►Article paru dans le DAUPHINE LIBERE du mardi 19 novembre 2024 (Marc Morbelli) :
Fouilles, histoires d’Embrunais illustres : les projets de l’Asepe
Si l’assemblée générale de l’Association de sauvegarde et d’études du patrimoine de l’Embrunais (Asepe) a permis de présenter un bilan positif ( Dauphiné Libéré du 19 novembre), les projets en cours ou à venir ne manquent pas pour les férus d’histoire locale. L’équipe du président Jean-Paul Blanc – le conseil d’administration a été reconduit, lors de l’assemblée générale du 14 novembre – assure ainsi des permanences à la Manutention l’hiver. Une suite, en somme, du travail entamé de mi-avril jusqu’à début novembre à la Maison des Chanonges quatre jours par semaine.
Outre son intérêt pour la tour médiévale de l’Abattoir (60 visiteurs lors des journées du patrimoine, entretien de celle-ci), l’Asepe assure aussi le suivi de travaux de fouilles en ville en lien avec la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et l’Institut national de recherches archéologiques préventif (Inrap).
L’équipe suit les fouilles menées en ville
En 2024 ? Un puits profond a été redécouvert pris dans le mur de la Tour Brune : il était déjà signalé dans des écrits de François de Belleforest en 1575 et dans des ouvrages du XVIIe siècle dont le récit du siège d’Embrun en 1692. Cette année a aussi vu la découverte d’ossements place Barthelon, à la faveur des récents travaux, sur l’emplacement de l’ancienne église Saint-Pierre rasée par Lesdiguières un siècle plus tôt.
Enfin, des bénévoles de l’Asepe font l’inventaire de plus de 700 livres anciens qui traitent de la religion catholique du XVIe au XIXe siècle à Embrun. Ils préparent une exposition, pour 2025, en partenariat avec le service culturel de la commune à la Maison des Chanonges, afin de commémorer le bicentenaire des naissances d’Émile Guigues et Gabriel Loppé.
Sur le web : www.patrimoine-embrunais.fr

⇒ Voir le compte-rendu de l'A.G.
►L’Assemblée Générale de l’Association de Sauvegarde et d’Etudes du Patrimoine de l’Embrunais s''est déroulée ce jeudi 14 novembre à la Maison des Chanonges à Embrun.
Article paru dans le DAUPHINE LIBERE du mardi 19 novembre 2024 (Marc Morbelli) :

L’Asepe en assemblée générale pour valoriser le patrimoine embrunais
Jean-Paul Blanc aux côtés de Chantal Eyméoud (au centre) lors de cette assemblée générale, et les participants. (Photo Le DL Marc Morbelli)
Ce jeudi 14 novembre à la Maison des Chanonges à Embrun s’est déroulée l’assemblée générale de l’association de sauvegarde et d’études du patrimoine de l’Embrunais (Asepe) présidée par Jean-Paul Blanc. Chantal Eyméoud, maire d’Embrun et plusieurs élus municipaux, Marc Viossat, conseiller départemental, et une vingtaine de personnes y ont assisté.
L’objectif de l’association est de mettre en œuvre tous les moyens visant à assurer l’étude, la protection, l’animation, la mise en valeur et la restauration de tout élément du patrimoine présentant un intérêt historique, archéologique, ou plus largement culturel du canton d’Embrun et de contribuer à la vie culturelle d’Embrun. L’association compte 102 adhérents, et 96 abonnés à son journal trimestriel “La Durance”. Cette publication, créée en 1872 par Adrien Jugy, a été remise au goût du jour au début des années 90 par Jean Vandenhove, historien local. Elle relate avec des récits réactualisés l’histoire de l’Embrunais, les usages d’autrefois, et diverses informations plus actuelles en lien avec le patrimoine. La responsabilité en a été confiée à Maurice Fortoul depuis la précédente assemblée générale.
Les comptes présentés par le trésorier Hubert Delesalle sont au vert « Nous sommes économes » dit-il.
Le président Jean-Paul Blanc a présenté les activités nombreuses et variées de l’association. Une invitée Catherine Briotet, conservatrice des Antiquités et œuvres d’art de la Drac 05, a présenté son service, ses missions, et ses modes d’interventions. Embrun est pour elle, « un lieu emblématique des Hautes-Alpes. Plus de 250 objets ont été inventoriés et répertoriés, avec le recollement nous nous assurons que les objets soient bien présents. Embrun est assez compliqué car diverses périodes de classements sont intervenues en fonction de lois. C’est assez long mais on arrive au bout » dit-elle.
⇒ Voir le compte-rendu de l'A.G.
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du lundi 29 mai 2024 (Marc Morbelli)
Le public friand de patrimoine
Les explications sur les travaux de la cathédrale par les Compagnons de Castellane. L’échafaudage autour du clocher a culminé à 64 mètres pour les travaux. Photo Le DL/M.M.
Le service patrimoine des communautés de communes de Serre-Ponçon et du Guillestrois-Queyras a proposé plus d’une trentaine d’animations dans le cadre des Journées du patrimoine, samedi et dimanche. La restauration de la cathédrale Notre-Dame du Réal était explicitée par deux membres de l’entreprise Les Compagnons de Castellane sur le parvis de cet édifice religieux.
Une conférence à la Maison des Chanonges a fait le point sur les découvertes de l’inventaire du patrimoine religieux. Julie Aycard s’est intéressée aux églises les plus anciennes et à l’introduction de l’art gothique à Serre-Ponçon. L’histoire de la restauration de la Tour médiévale de l’abattoir a été présentée par Jean-Paul Blanc, président de l’association de sauvegarde et d’études du patrimoine embrunais. Il a également proposé une visite de la salle de l’Abattoir au pied de ville. Là, il a pu expliquer la création du rempart d’Embrun, de la Tour et des bâtiments autour.
Dimanche, le public est venu nombreux en matinée place Barthelon admirer une exposition de véhicules anciens, autos, motos, mobylettes, proposée par l’Amicale des vieux rétroviseurs.
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du lundi 20 mai 2024 (Bernard Brabant)
Il y a 100 ans mourrait l’ingénieur Gilbert Planche, arrière-grand-père de Carla Bruni
Le 11 mai 1924, après une campagne houleuse dont l’hebdomadaire embrunais La Durance se fait l’écho, Gilbert Planche est réélu député. Il meurt 13 jours plus tard. Même s’il fut parfois controversé, c’est à cet ingénieur de génie que L’Argentière-la-Bessée doit son développement économique.
Gilbert Planche. Il y a 100 ans, à peine réélu député, il meurt après une campagne électorale. Photo Assemblée nationale
En mai 1924, pour les élections législatives, les Haut-Alpins doivent élire trois députés. Le 2 mai, le théâtre accueille une réunion des candidats “républicains de gauche” : Paul Caillat, député sortant, Pierre Cot et Maurice Petsche. Ils sont soutenus par le sénateur Bonniard. L’ancienne église Saint-Donat est remplie. Paul Caillat rend compte de son mandat “souvent en termes heureux”, écrit La Durance. Monsieur Petsche fait ensuite un “magistral exposé sur la situation économique de notre département”. Quant à Monsieur Cot, “sa réputation est bien trop établie pour que nous ayons à faire ici son éloge”.
Mais dans la salle se sont invités les trois candidats du Cartel des gauches : Léon Cornand, Louis Cluzel et Gilbert Planche, député sortant.
Pour le journal, si les trois candidats républicains ont évité “de prononcer à l’égard de leurs adversaires une seule parole injurieuse“, côté Cartel des gauches, il n’en est pas de même : le citoyen Cluzel “injurie grossièrement le vénéré sénateur Bonniard”, qui le traite de menteur. Le dénommé Cluzel “chancelle ; la riposte le surprend”, raille le journaliste qui ajoute : “Si on les touche si légèrement que ce soit, ils crient comme des putois”. On a compris pour qui penche l’hebdomadaire, très confiant dans son pronostic : le Cartel sera écrasé “aussi bien à Gap et à Briançon qu’à Embrun. […] leur bluff ne trompe personne”.
Raté : le 11 mai, les trois candidats du Cartel sont élus avec 55 % des voix. Le lendemain, Gilbert Planche fait un malaise et meurt quelques jours après, à 58 ans. L’hebdomadaire avait soutenu le candidat Gilbert Planche, trois ans auparavant.
Arrière-grand-père de Carla Bruni
Homme d’affaires, Gilbert Planche fut controversé. Il a dû verser 600 000 francs d’amende (630 000 €) à l’État pour des marchés non tenus. Il a construit des lignes de chemin de fer en Afrique avec procès à l’appui, ainsi qu’en France. Il gagne un procès contre le conseiller général Valentin Chabrand qui l’avait accusé d’avoir versé des pots-de-vin lors de la construction du fameux viaduc de Chanteloube. Mais c’est un ingénieur précurseur. L’Argentière-La-Bessée lui a dressé un monument, car la ville lui doit sa centrale électrique qui permettra de construire une usine d’aluminium dès 1909. Gilbert Planche est par ailleurs l’arrière-grand-père de Carla Bruni, la femme de Nicolas Sarkozy.
►Article paru dans le DAUPHINE LIBERE du dimanche 19 mai 2024 (Marc Morbelli)
« Savoir d’où l’on vient pour bien vivre aujourd’hui »
René Martel (premier à gauche) représentait le Félibrige maintenance de Provence 04 et 05, l’association qui promeut le provençal. Photo Le DL /Marc Morbelli
René Martel était présent en tant que représentant du Félibrige maintenance de Provence 04 et 05, l’association qui promeut le provençal. « Le Félibrige est très heureux et fier de voir honorer Frédéric Mistral pour les 110 ans de sa mort et les 170 ans de la création du Félibrige, a-t-il indiqué. Nous sommes la plus ancienne association de promotion du provençal. C’est un très grand plaisir de voir les félibres tenir une grande place, ici, dans les Hautes-Alpes. C’est remarquable. Frédéric Mistral était un grand poète, prix Nobel de littérature en langue régionale. Pour lui, la langue et la culture, c’était très important. Et c’est primordial de faire voir et savoir d’où l’on vient pour bien vivre aujourd’hui. Sa disparition en 1914 a été cruellement ressentie. » Le Félibrige attribuera très prochainement le label “Cité mistralienne”, annonce-t-il sans pour autant dire qui sera désigné. Embrun, peut-être ?
►Article paru dans le DAUPHINE LIBERE du dimanche 19 mai 2024 (Marc Morbelli)
Frédéric Mistral au cœur d’une exposition dédiée au provençal
Jeudi 16 mai, en fin d’après-midi, l’exposition “Frédéric Mistral et les Alpes” a été inaugurée à la maison des Chanonges.
Les enfants de l’école municipale de musique et danse d’Embrun ont chanté en ouverture du vernissage de l’exposition. Photo Le DL /Marc Morbelli
Frédéric Mistral, écrivain et poète, s’exprimait en Provençal. Chantre de la Provence, il est devenu un personnage emblématique de celle-ci. Né le 8 septembre 1830, à Maillane (Bouches-du-Rhône), il y décédera le 25 mars 1914. Il a été fait chevalier de la Légion ‘'honneur en 1863 et a remporté le prix Nobel de littérature en 1904 pour son œuvre Mirèio. Il a créé en 1854 le Félibrige avec quelques autres écrivains et poètes. Il s’agit, encore aujourd’hui, d’une association qui œuvre pour la sauvegarde et la promotion de la langue, de la culture et de tout ce qui constitue l’identité des pays de langues d’oc et provençale. Voici l’objet de cette exposition présentée à Embrun.
De tout temps, des liens étroits ont existé avec les Alpes et ses poètes, en particulier la ville d’Embrun avec Auguste Thouard et Clovis Hugues. Un hommage leur est rendu avec cette exposition. Elle est complétée avec des costumes traditionnels des Hautes-Alpes.
La Ville candidate pour obtenir le label “Cité mistralienne”
Lors du vernissage, les enfants de l’école municipale de musique et danse d’Embrun, dirigée par Stéphane Delval, ont interprété deux chants : Vivre ensemble et l’hymne provençal La Coupo Santo. Le représentant du Félibrige maintenance de Provence René Martel était présent, ainsi que de nombreux félibres haut-alpins venus en costumes, dont le majoral haut-alpin du Félibrige Michel Desplanches, recteur du sanctuaire de Notre-Dame du Laus.
À la suite de la visite de l’exposition à la cure, ont été prononcés les discours. Chantal Eyméoud, maire d’Embrun, en a profité pour indiquer que la commune était candidate au label “Cité mistralienne” [Lire par ailleurs]
Exposition visible jusqu’au 31 août prochain, selon les horaires suivants : en mai et juin du mercredi au samedi, de 15 à 18 h, et en juillet et août, du mardi au dimanche, de 16 à 19 h. Fermée les jours fériés.
►Article paru dans LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ du lundi 23 mars 2024 (Bernard Brabant)
Au cœur de l’affaire de la dinde de la place Dongois
Cela s’est passé le 27 novembre 1891, place Dongois. L’hebdomadaire La Durance de l’époque a titré : “Histoire d’un crime”. Un titre ironique pour une affaire passée en justice. Pas en cours d’assises, non, seulement au tribunal de police. La victime n’était qu’une pauvre dinde.
À coups de balai, elles volèrent dans les plumes de la dinde… Dessin Le DL/Bernard Brabant.
La dinde appartenait au camionneur Royer. Comme il ne lui donnait rien à becqueter, elle picorait de quoi se remplir le gésier entre la rue des Veillées et la place Dongois. À cette époque, Embrun se prenait pour une ville et avait un commissaire de police. Son dada était de veiller à la propreté des rues et ruelles. C’est pourquoi il appréciait cette dinde vagabonde. Il estimait qu’elle participait au nettoyage en avalant les déchets balancés derrière les réverbères par les indélicats. Cela n’en faisait pas une dinde dodue. Non, elle restait maigre. Un jour, notre dinde dégourdie se faufila par un portail entrouvert. Elle découvrit un paradis pour dinde. Un jardin avec des rangées de salades, petits pois et autres délices. Dès qu’elle le pouvait, elle se faufilait pour visiter ce jardin d’Éden. Vous pensez bien que se faire voler par une volaille déplut aux demoiselles Raviol, propriétaires dudit jardin. Elles décidèrent de se débarrasser de l’oiseau de malheur.
►Un commissaire dindophile
Le vendredi 27 novembre 1891, à coups de balai, elles volèrent dans les plumes de la dinde venant faire son petit tour gastronomique. La bête se défendit becs et ailes. Elles appelèrent en renfort leur locataire, Madame Rolland. On a beau être dure à cuire, le cœur de la pauvre dinde lâcha. La bête fut plumée.
Les commères du quartier gloussèrent d’indignation. Leurs cancans arrivèrent aux oreilles du camionneur Royer. Il alla trouver le commissaire de police dindophile qui se rendit chez les demoiselles et ladite Madame Rolland. Sur sa table, les poulets découvrirent le corps du délit : celui de la dinde. Madame Rolland fut amenée au poste. C’était une dame respectée. Son mari avait été assassiné quelques mois auparavant au Tonkin. La veuve dindicide passa devant le tribunal et fut acquittée en première et seconde instances. Car le camionneur avait fait appel.
La Fontaine écrivait “Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir”. La pauvre dinde, qui n’était que de basse-cour, fut sacrifiée sur l’autel de la justice. Comme concluait le journal La Durance : “Qu’importe, pauvre dinde, je crains fort que malgré la sympathie qu’on te témoigne, tu ne sois comme toujours la dinde de la farce !”
On peut consulter La Durance en ligne sur le site des Archives départementales des Hautes-Alpes.
















